Mis à jour 18-03-2008 15:16
Notre assiette en 2050
« Que mangerons-nous en 2050 ? » Plusieurs chercheurs ont récemment été invités à répondre à cette question lors d’une conférence organisée par la Mission d’Agrobiosciences de Toulouse.

Brocolis, carottes, aubergines, choux fleur, haricots, piments...
Photo : F.Santrot/Metro
Le fantasme d’un repas à base de pilules de toutes les couleurs, délivrant la dose exacte de protéine, lipide et glucide dont notre corps a besoin, peut-il se concrétiser un jour ? S’il est vrai que nous avalons de plus en plus de compléments alimentaires, ce scénario semble toutefois impossible. C’est, en tout cas, la thèse défendue par Annie Hubert, anthropologue au CNRS lors de la conférence organisée par la mission d’Agrobiosciences* de Toulouse. Pour cette chercheuse, le partage alimentaire est un des fondements de la société familiale et de notre culture et les pilules ne nous permettent pas d’accomplir ce geste essentiel. Selon Annie Hubert, les fruits, les légumes et les céréales seront, par contre, davantage consommés au détriment de la viande et du poisson. La surpêche menaçant les ressources, il est certain que le poisson va se raréfier ces prochaines années. Pour la viande, elle associe cette baisse de la consommation à un développement de la considération animale ou à la crainte des virus véhiculés par les animaux dans une société obsédée par l’hygiène.
Le boom du prêt à consommer
Lucien Bourgeois, directeur à l’Assemblée permanente des
Chambres d’agriculture, également interrogé par la Mission d’Agrobiosciences,
estime, lui, que notre alimentation ne connaîtra pas de grand bouleversement ces
cinquante prochaines années. Il met en avant le fait que depuis le début du XXe
siècle, le contenu de notre assiette a peu évolué et qu’elle devrait donc
rester sensiblement la même.
Gilles Allaire, économiste à l’Inra, ne partage pas cet
avis. Pour cet expert, notre alimentation a connu des changements majeurs avec
notamment le boom des plats prêts à consommer et la restauration hors-foyer,
deux tendances qui devraient continuer de se développer.
*La mission d’Agrobiosciences est un centre de débats publics
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