Mis à jour 18-03-2008 20:33

Freeman : "Je ne pouvais plus travailler avec les maisons de disque"

Un concert à Gizeh avec IAM, un album solo… Tout se bouscule pour Freeman. A la veille de se produire en Egypte, il nous livre ses impressions...

L'album solo de Freeman, L'Espoir d'un (c)reve, sortira le 18 mars. 

L'album solo de Freeman, L'Espoir d'un (c)reve, sortira le 18 mars. 

Photo : DR

Live

Le concert sera retransmis en direct, vendredi à partir de 15 heures, sur téléphone mobile (SFR 3G) et sur le Web, sur le site Live-concert.sfr.fr.

Il y a un an, tu avais les pires difficultés pour sortir ton deuxième album solo, qui sort finalement la semaine prochaine. Que s’est-il passé entre temps ?
J’ai fini par créer mon propre label afin de produire mon album. Au début, je n’étais pas vraiment pour. Beaucoup de gens m’ont dit que je me trompais, mais je croyais vraiment en cet album et je me suis rendu compte que je ne pouvais plus travailler avec les maisons de disques, qui veulent nous formater et faire fonctionner le hip hop comme la house ou la pop. En gros, ils voulaient un single, un tube, alors que le hip hop s’est toujours inscrit dans la durée.

Ce label, c’est juste pour produire cet album ou il a vocation à perdurer ?
Pour le moment, c’est uniquement pour l’album. Je n’ai pas la prétention de signer des artistes. J’ai déjà pas mal de boulot avec moi-même !

Quand cet album est-il né ?
Entre la fin de l’album avec mon équipe de MC Arabica et l’album d’IAM, sorti l’an dernier. J’ai passé deux ou trois mois à écrire, puis j’ai laissé reposer et nous avons tout posé en studio en l’espace de quelques jours. En fait, depuis deux ans, je n’ai pas arrêté de travailler, je suis en mode continu !

Si on le compare à ton premier album solo, « L’Palais de Justice », sorti il y a dix ans, comment décrirais-tu celui-ci, « L’Espoir d’un (c)rêve » ?
Musicalement, la base est la même. Après, dans les textes, c’est sans doute plus actuel et moins naïf. Dans « L’Palais de Justice », les attaques étaient assez générales : je critiquais l’Etat, la justice… Là, c’est un peu plus fouillé, je parle davantage de personnes, c’est plus complexe.

Moins sombre également ?
Oui, plus ambigu en tout cas. C’est d’ailleurs toute la signification du titre de l’album. Le « C » entre parenthèses peut tout faire basculer. Mais il y a clairement un espoir, que l’on ne retrouvais pas forcément dans l’album précédent.

« L’Palais de Justice » avait été un succès, avec près de 240.000 exemplaires vendus. Tu espères le même succès pour « L’Espoir d’un (c)rêve » ?
Non, pas du tout ! L’industrie musicale est dans une phase critique. Je dois simplement prouver que je suis encore là, que je peux exister sans IAM. C’est un éternel recommencement : tout va si vite dans le hip hop, il y a tellement d’artistes qui émergent… Il faut toujours prouver.

Vendredi, tu seras en concert avec IAM au bas des pyramides de Gizeh, en Egypte, pour fêter les 20 ans du groupe. Connaissant vos influences, vous devez être en plein rêve éveillé ?
C’est tout simplement inimaginable. Tu sais, on en parle depuis 20 ans, on a vu des documentaires, on est passionnés par l’histoire de l’Egypte, mais quand on s’est retrouvés en face de ces pyramides, on a pris une vraie gifle.

Qu’avez-vous prévu pour ce concert ?
Nous serons 80 sur scène ! Il y aura 70 musiciens de l’Orchestre National du Caire, de l’Orchestre Folklorique d’Egypte, des cordes… On a aussi invité Cheb Khaled, Lotfi Bouchnak, qui est l’un des plus grands chanteurs en Egypte…

Vous êtes allé faire des repérages, des répétitions ?
Oui, nous y sommes allés pendant quinze jours, pour ne rien laisser au hasard. D’ailleurs, nous avons filmé tous ces moments, pour conserver une trace. Un reportage va être diffusé sur Canal Plus et pendant le Festival de Cannes.  

Vous allez monter les marches pendant le festival ?
Ce serait bien, oui. Habillé en zoulou !

Quand on fait un concert au pied des pyramides, que peut-on faire de plus grand ? Cela ne risque pas d’être difficile de se motiver par la suite ?
C’est sûr qu’on pourra difficilement imaginer plus grand ! A moins, peut-être, de jouer sur la Muraille de Chine…

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