10-03-2008 19:58
"Bien sûr que cela va être serré !"
Dominique Baudis s’exprime sur Metro après le premier tour des élections municipales à Toulouse et affirme son soutien à la liste de Jean-Luc Moudenc.
Vous êtes satisfait du score de Jean-Luc Moudenc dimanche ?
Je trouve que le résultat de Jean-Luc Moudenc au premier tour est un
bon résultat. Pour juger il faut comparer. Et si l’on compare à Paris,
j’entends dire que Delanoë a fait un très bon score avec 42% et bien
Moudenc à fait plus. Si l’on compare avec Toulouse et les dernières
élections municipales il a gagné un point et demi. Un bon résultat de
premier tour. Ca prouve que le bilan a été bien apprécié par les
électeurs, il reste maintenant une compétition pour dimanche prochain
très disputé. Maintenant au premier tour chacun a exprimé ses
préférences. Il faudra choisir entre deux hommes et deux projets.
Comment avez-vous suivi ces élections ?
Je suis allé à la préfecture car l’on reçoit les résultats de tout le
département alors qu’à la télévision on ne parle que des grandes
villes. J’ai regardé d’abord les résultats en Haute-Garonne ou les
opérations électorales s’arrêtaient à 18 heures, puis j’ai suivi ça à
la télévision comme tout le monde. Vers 23 heures je suis allé saluer
Moudenc.
Jean-Luc Moudenc n’a-t-il pas déjà fait le plein des voix disponibles ?
On verra dimanche soir ce que feront les électeurs qui ont voté pour
d’autres listes que Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc. Est-ce que les
électeurs qui n’ont pas voté hier vont voter au second tour ? Sans
doute ! Dans quel sens ? On le verra dimanche soir.
Ca risque d’être serré ?
Bien sûr que cela va être serré ! Mais plutôt que de perdre son temps à
faire des pronostics, il y a des comparaisons que l’on peut regarder
dès maintenant comme celle du prix des programmes. Le projet de Cohen
que certains peuvent apprécier, je n’attaque pas l’homme ou les idées
tout est respectable, mais le projet de Cohen se traduit par 50%
d’augmentation d’impôt local. Encore une fois c’est respectable on peut
se dire je veux cette politique du tout gratuit mais cela se traduira
par des impôts locaux en augmentation et des dettes, car Cohen veut en
finir avec la dette 0.
L’emprunt n’est pas une solution ?
La dette 0 est un acquis des toulousain. Si Toulouse n’a pas de dette
ce n’est pas tombé du ciel. La dette 0 n’est pas un dogme, c’est le
résultat des efforts des toulousains qui ont remboursé leur dette il y
a 10 ans déjà. Et c’est parce qu’ils ont remboursé leur dette que
Toulouse est la ville en France qui investit le plus par tête
d’habitant. Si vous êtes maire vous avez une capacité d’investissement
mais si cette capacité d’investissement chaque année est consacrée en
partie au remboursement de la dette il vous reste moins d’argent pour
investir. Comme Toulouse n’a plus d’emprunt à rembourser, Toulouse peut
utiliser à 100% sa capacité d’investissement sur de nouveaux projets.
Il faut quand même que les gens aient ces chiffres en tête pour aller
voter. Les emprunts ont un gros inconvénient c’est qu’il faut les
rembourser. Et on rembourse les emprunts municipaux avec des emprunts
locaux. Donc les emprunts d’aujourd’hui sont les impôts de demain.
Jean-Luc Moudenc n’a pas fermé la porte à l’emprunt ?
J’ai entendu qu’il était heureux que Toulouse n’ai pas d’emprunt. Il
est maire depuis trois ans, s’il avait la manie de l’emprunt il aurait
pu le faire, il ne l’a pas fait. Les impôts locaux et l’emprunt sont
les vrai débat de l’entre deux tour. Plutôt que de supposer, il
faudrait poser la question aux deux candidats pour informer les
électeurs.
Jean-Luc Moudenc est votre digne successeur ?
C’est mon successeur c’est incontestable. Digne successeur, je le pense
oui, parce qu’il a fait aboutir des projets sur lesquels on avait
travaillé ensemble. Je pense au métro, le domaine que je lui avais
confié quand j’étais maire et qu’il était adjoint c’était les
transports donc il travaille sur le métro depuis plus de 10 ans et il
l’a mené à bien ; à la stabilisation des impôts locaux sans dette qu’il
a su les préserver. Regardez les 10 dernières années et faite une
comparaison sur la fiscalité locale entre Toulouse-Ramonville. A
Toulouse depuis 10 ans l’augmentation est nulle. A Ramonville
l’augmentation de la taxe d’habitation est de 40%. Pourquoi ne ferions
nous pas la comparaison.
Comment expliquez-vous les chances du PS d’accéder au capitole ?
C’est la démocratie, c’est la vie publique. Je ne suis pas
commentateur. Mon rôle étant celui d’un citoyen j’exprime un point de
vue, celui de dire que le résultat du premier tour de Jean-Luc Mouden
est bon, en comparaison avec les autres villes. Au deuxième tour je ne
fais pas de prévision. Je peux juste dire que cela sera très serré. Ce
qui m’intéresse ce ne sont pas les chiffres mais les projets et leur
prix.
La popularité du Président de la République aura un rôle à jouer ?
On nous raconte ça depuis des semaines et des semaines ! Quand on voit
les résultats d’hier soir on constate bien qu’il n’y a aucun rapport.
Quel est le rapport entre un Juppé élu au premier tour à Bordeaux et un
Gaudin à Marseille à 40% ? Aucun ! Cela varie selon les villes et la
situation est donc très liée aux maires, à leur bilan, à leur projet et
au projet de l’opposition municipale.
Pensez-vous que les nouveaux arrivants auront un rôle à jouer ?
C’est comme ça à Toulouse depuis 30 ou 40 ans. Entre ma 1ère élection
en 1983 et ma troisième en 1995 le corps électoral avait changé à 75%.
Ce n’est pas nouveau que Toulouse accueille de nouveaux habitants. Cela
date d’il y a très longtemps. 30 000 républicains venus d’Espagne en
1938, 25000 personnes venues d’Italie dans l’entre deux guerres, 30000
rapatriés Pieds Noirs arrivés en 1962, … ce sont bien des gens
nouveaux. Heureusement ce n’est pas toujours liés à des tragédies cela
peut être comme aujourd’hui lié à la croissance économique, mais des
gens nouveaux il y en a toujours eu à Toulouse. Et si la ville
accueille autant de nouveaux habitants, c’est parce qu’elle se
développe. Quand vous regardez les grandes villes en France, dans la
plupart des cas c’est le contraire qui se produit. Elles perdent des
habitants, des emplois. Ce sont des villes qui se vident
progressivement au profit des périphéries. A Toulouse ce n’est pas le
cas. Toulouse est la ville qui accueille le plus d’habitants, qui
génère le plus d’emplois nouveaux par année, qui investi le plus par
tête d’habitant, qui après Paris est la ville qui compte le plus
d’étudiants, … alors quand j’entends qu’il s’agit d’une belle endormie
cela fait sourire. Parce que si toutes les villes de France dormaient
comme Toulouse, la France se porterait bien. Le fait que la population
se renouvelle ne veut pas dire que tout à coup le vote de la population
change de direction.
Vous avez pensé un jour vous représenter pour ces élections ?
Non jamais. J’ai pris une décision il y a 10 ans. 18 ans de mairie, 3
mandats … Aucun maire de Toulouse n’avait eu autant de temps à la tête
de la ville. J’ai réalisé mon programme. J’avais pris des engagements
devant les toulousains qui sont réalisés. Une fois qu’on a accompli son
programme à quoi cela sert de se représenter Pour durer ? Pour rester ?
Ce n’est pas un but. Dès le premier jour où j’ai été élu maire, je
savais que j’étais de passage. Il faut assurer le renouvellement des
générations. C’est logique. C’est la vie.
Pourquoi n’êtes-vous pas sur la liste de Moudenc ?
Si vous avez un doute sur mon soutien j’en profite pour vous dire qu’il
est entier et total. Etre candidat sur la liste en position inéligible
c’est une opération en trompe l’œil et puis être en position éligible
je n’y ai pas songé. Quand on a été maire de Toulouse pendant 18 ans,
il est un peu difficile de se retrouver conseillé municipale. Mon
soutien est total.Je n’ai jamais raconté d’histoire aux Toulousains,
donc je n’ai pas eu envie de faire quelque chose qui aurait pu berner
les électeurs. Si j’étais candidat, je serais candidat à la mairie.
Satisfait de la nomination dd Philippe Douste-Blazy à l’Onu ?
Philippe Douste-Blazy n’est pas candidat, donc il est absent de cette élection. Par principe je n’aime pas parler des absents.
Votre avenir politique ?
Je répondrais à cette question dans quelques semaines. On a un problème
dans cette région avec un monopole médiatique Dépêche du Midi et un
monopole politique avec huit députés sur huit et quatre sénateurs sur
quatre, membre d’un même parti. C’est quand même douze parlementaires
sur douze. Au mois de septembre à l’occasion des élections
sénatoriales, la Haute-Garonne pourra introduire un peu de diversité
dans sa représentation parlementaire. Je pense qu’il peut y avoir un ou
deux sénateurs non socialiste ce qui serait un première depuis des
dizaines d’années. Les sénateurs sont élus par les maires et les
adjoints, selon l’importance des communes. Ce que je me propose de
faire au mois d’avril, une fois que les municipalités seront
installées, est de réunir les élus locaux non socialistes pour examiner
avec eux la situation politique en Haute-Garonne. Si ces élus locaux
souhaitent que je conduise la liste sénatoriale je le ferais. S’ils
choisissent quelqu’un d’autre je le soutiendrais. Je n’ai jamais
annoncé ma candidature, c’est Jean-Luc Moudenc qui a parlé de ça. Voilà
ce que je ferais au mois d’avril.
Votre pronostique pour dimanche ?
C’est complètement ouvert. Je ne fais pas de pronostique je fais des
prévisions sur les conséquences fiscales du vote. Ce sont des élections
ou va se jouer, en matière de fiscalité locale, une augmentation
potentielle de l’ordre de 50%.
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