Depuis le début de l’année, Marseille connaît en moyenne un braquage par jour dont les cibles sont principalement des petits commerces, les seuls à disposer encore d’argent liquide facilement accessible. Une soixantaine d’attaques ont été enregistrées depuis le début de l’année aux quatre coins de la ville.
Butins dérisoires
L’attaque à main armée pour des butins dérisoires est le stade ultime d’une petite délinquance qui met les nerfs des habitants à vif. Clémentine, 25 ans, vient tout juste d’emménager dans son premier appartement, rue de la République. En trois mois, sa voiture a déjà été “visitée” deux fois. Il y a deux semaines, un jeune voleur à la roulotte a été interpellé après avoir “cassé” une quinzaine de véhicules à proximité de chez elle : “Le commissariat central, sur la Canebière, est à deux pas d’ici. Mais cela ne dissuade pas les voleurs. Toutes les nuits, c’est le même cirque”, dit Clémentine.
A quelques kilomètres de là, à La Cayolle (IXe), rares sont les semaines où l’on ne retrouve pas, au petit jour, des bris de vitres de voitures cassées ou des carcasses carbonisées. Dans le hall d’un bâtiment, une pétition des habitants est affichée pour demander des mesures contre les “actes de vandalisme” trop fréquents dans le quartier. A côté, un courrier du maire de secteur assure que la demande a été transmise directement au commissaire local : “Le problème, constate Maurice, c’est que ce sont souvent des mineurs qui font le plus de dégâts. Ils savent qu’ils ne risquent pas grand-chose.” Ce problème inquiète d’ailleurs de plus en plus les autorités. En 2007, la délinquance des mineurs a augmenté de 10% à Marseille.

































