Que se cache-t-il derrière les rodomontades martiales autour de la Colombie  ? Si l’Equateur a une « bonne » raison de mobiliser ses troupes à la frontière colombienne, après un bombardement violant délibérément son territoire national samedi pour tuer Raul Reyes, qu’en est-il de la réaction similaire du Venezuela ?
Les ordinateurs de l’ex-n°2 des Farc pourraient, selon les autorités colombiennes, expliquer les décisions martiales de l’ex-lieutenant-colonel parachutiste Chavez. On apprend du général Oscar Naranjo, le directeur de la police colombienne qui transmettra ses preuves à l’OEA (Organisation des Etats Américains), que le président Chavez aurait reçu 150 000 $ de la guérilla au début des années 1990 après son coup d’Etat manqué de février 1992…
Plus grave, les documents saisis démontrent que le président vénézuélien a donné aux Farc 300 millions de $ cette année. Si cette somme a peut-être servi à payer la rançon des six otages, « la seule chose sûre, assure l’officier, est que le Venezuela a payé pour supporter les terroristes ».
En finançant lui-même la libération des otages, Chavez tente de reprendre la main au niveau national et international. Après l’échec de son referendum en décembre dernier qui devait transformer la Constitution du Venezuela pour en faire un pays socialiste, il sait que s’attaquer à son frère ennemi la Colombie est toujours porteur électoralement.
Sur le plan international, le socialiste Hugo Chavez, que l’on soupçonne de sympathie, voire d’aide aux Farc, pourrait vouloir déstabiliser son voisin, et en favorisant l’accession d’un allié à Bogota, s’assurer une confortable assise régionale afin de construire un oléoduc géant donnant sur le Pacific afin d’alimenter la Chine en pétrole au détriment des USA.
Enfin, ouvertement anti-américain, Hugo Chavez en faisant libérer les otages pourrait redorer ra respectabilité écornée –y compris par le « pourquoi ne tais-tu pas ? » de Juan Carlos au dernier sommet ibéro-américain- et acheter à la France armes et centrales nucléaires…