Colossal. La Société Générale a créé la stupeur hier en
annoncant avoir été la victime de la plus grande fraude jamais
enregistrée par un établissement financier. En pleine tourmente
boursière mondiale, la banque a été contrainte d’annoncer cette fraude
interne de 4,9 milliards, auxquels s’ajoutent 2 milliards d’euros de
dépréciations liées à la crise des “subprimes”. Selon la banque, la
fraude a été découverte le 19 janvier: le trader, opérant dans une
sous-division de ses activités de marché, a profité de "sa connaissance
approfondie des procédures de contrôle" pour "dissimuler ses positions
grâce à un montage élaboré de transactions fictives".
Positions “liquidées”
La Société générale a liquidé depuis ces positions mais compte tenu de
leur importance et “des conditions de marché particulièrement
défavorables”, cette fraude a un impact négatif de 4,9 milliards
d’euros sur son résultat net. Hier, le PDG de la Société Générale,
Daniel Bouton, a présenté ses “excuses” aux actionnaires. Insuffisant,
pour Me Frederik Karel-Canoy, avocat d’une centaine d’actionnaires de
la banque, qui ne “comprends pas que l’autorité des marchés financiers
(A.M.F) n’ait pas repéré ces mouvements”. Il évoque également des
“complicités”. En attendant la suite de l’enquête, la Société Générale
a déposé plainte contre lui pour “faux en écritures de banque, usage de
faux et intrusions informatiques”. Et, malgré les 6,9 milliards perdus,
la banque a annoncé hier un bénéfice net en 2007, estimé entre 600 et
800 millions d’euros, loin des 5,2 milliards réalisés en 2006. Pour
faire face, la banque va procéder à une augmentation de capital de 5,5
milliards d’euros. Le titre a clôturé hier en baisse de 4,14%, à 75,81
euros.
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Mis à jour 24-01-2008 19:25
Arnaque à 5 milliards d’euros
La Société Générale est victime de la plus grande fraude jamais enregistrée.
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