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Mis à jour 19-03-2008 02:47 Metro Paris
Marielle de Sarnez : "Paris a besoin d’une offre nouvelle"
La tête de liste du Modem à Paris a répondu avec vigueur aux questions souvent percutantes des internautes. Le texte intégral.
Marc
Audouin : Delanoë est gagnant dans tous les sondages. Il est suivi par
Françoise de Panafieu. Pensez-vous vraiment avoir des chances de devenir maire
de Paris?
Oui. Je suis challenger. Mais je veux créer la surprise. Je crois que c’est
possible et que les Parisiens attendent autre chose.
Annie
Simon : Donnerez vous une (ou des) consigne(s) de vote à Paris au 2ème tour ? Ferez-vous
alliance avec Delanoë ? Panafieu ? Un accord global ? Chaque tête de liste d’arrondissement
pourra-t-elle (il) choisir son alliance au second tour ? Ou laisserez-vous vos électeurs
sans consigne au second tour ? Merci (et bonne chance)
Je veux changer l’esprit de gouvernance à Paris. Je ne crois plus que le
critère droite-gauche soit pertinent pour répondre aux attentes des Parisiens
dans leur vie quotidienne. Si vous regardez les 36.000 communes de France, plus
de 95% d’entre ells sont gérées par un maire qui est entouré d’une équipe qui
représente toutes les sensibilités politiques. Je crois qu’il serait temps que
Paris soit gouverné de cette façon. Pour moi, la propreté, par exemple, n’est
pas une droite ou de gauche.
Cynthia
convers : Quel a été le déclic pour votre candidature? Depuis quand y
songez-vous?
Depuis ces dernières années, je pense que Paris a besoin d’une offre nouvelle,
j’ai vu la vieille habitude politicienne de l’UMP sur la question du tramway,
par exemple : cette formation politique votait contre car elle était portée par
quelqu’un d’un autre camp. Moi j’ai voté pour car je trouvais que c’était une
bonne chose pour Paris. C’est aussi pour cela que je me suis engagé.
Paul
vieillard : Votre candidature à Paris, volonté du cœur ou stratégie?
Volonté du cœur d’abord et puis, stratégie aussi pour changer la façon de faire
de la politique, en particulier dans nos villes.
Marie
Leduc : Vous êtes la plus méconnue des candidats. Pouvez-vous vous présenter?
(parcours, formation, études, âge, famille...)
Je n’ai que mon BAC, j’ai quitté ma famille jeune et j’ai connu plusieurs
boulots. Je me suis engagée dans la politique avec Valéry Giscard d’Estaing
pendant l’élection de 1974. Puis j’ai rencontré Simone Veil qui m’a donné la passion
que j’ai pour l’Europe. Dans les années 80, j’ai fait la connaissance de
François Bayrou et je me suis aperçue que nous partagions la même envie d’une
démocratie réelle dans ce pays. Je suis à ses côtés depuis plus de 20 ans, j’ai
été élue député européenne en 99, j’ai conduit la liste de mon parti pour les
européennes de 2004 en IDF, où j’ai été élue, réélue. Ma liste a fait deux
sièges. Aux dernières élections présidentielles, j’ai été la directrice de
campagne de F. Bayrou, pour une très belle campagne, qui m’a laissé de très
bons souvenirs. J’ai oublié de vous dire que j’ai aussi été sa directrice de
cabinet quand il était Ministre de l’Education Nationale en 1995.
Internaute
: Selon vous, la bataille de Paris se joue-t-elle essentiellement sur le XIIe
arrondissement?
Pas essentiellement. Elle se joue pour moi aussi dans la manière d’aborder
cette gouvernance. Je trouve que Paris est une ville de plus en plus fracturée,
sociologiquement, politiquement, électoralement, entre l’Est et l’Ouest. D’un
côté des ghettos de pauvres, de l’autre des ghettos de gens aisés. D’un côté
gérés par la "gauche", de l’autre gérés par la "droite". C’est
tout cela que je veux changer, je veux recréer l’unité de Paris.
Laura
Martini : Pouvez nous donner 3 grands axes de votre campagne ?
Oui, bien sûr. Je suis omnubilée par la situation difficile des classes
moyennes dans notre ville. Si vous êtes un jeune couple de professeurs des
écoles avec deux enfants, si vous êtes une mère qui élève ses enfants seuls, la
vie est de plus en plus difficile à Paris. J’ai une obsession : c’est la
question du logement. Je veux créer des logements intermédiaires, accessibles
pour les classes moyennes, pour leur permettre de rester à paris. Je veux aussi
améliorer les transports, pas seulement davantage de transports, mais aussi des
transports plus confortables. Je veux que la vie soit meilleure, plus agréable,
qu’on puisse accéder à une place de crèche plus facilement, inscrire son enfant
au conservatoire de musique, trouver des terrains de sport, accéder à des
bibliothèques pendant le week-end. Je veux améliorer la ville en créant un parc
de 10 hectares
au nord de Paris, une coulée bleue le long de la Seine.
Camille : vous affirmez un renouveau des têtes de liste ; en fait, vous avez
sauf cas contraire beaucoup de minorités visibles au détriment des gens moyens;
est-ce à dire que vous voulez vous appuyer sur eux pour préparer un mai 2008
révolutionnaire?
J’ai des têtes de listes formidables, qui sont à l’image de Paris. J’ai douze
femmes sur 20 têtes de liste. C’était important de féminiser les équipes et de
même beaucoup de diversité, socioprofessionnelle, dans ceux qui portent nos couleurs.
J’ai voulu cette liste à l’image de la diversité parisienne.
Catherine
Dupont : Madame, sous l’influence de monsieur Cohn-Bendit, vous incarnez
aujourd’hui l’extrême gauche en France. Comment moralement vivez-vous d’avoir
trahi l’idéal modéré de l’ancien UDF ? De plus comment ayant des idées
radicalement différentes avez vous pu utiliser l’UDF et récupérer ses fonds
sans vous sentir mal à l’aise ? Quitterie Delmas devrait devenir la présidente
de la fédération de Paris et ainsi les jeunes vont prendre le pouvoir au modem.
Vous me faites vraiment rire ! Merci de ce message ! Je vais en informer
Olivier Besancenot !
Hamid
Halimi : Vous êtes la seule candidate à ne pas avoir dévoilé votre programme?
Pourquoi attendre si longtemps? Pouvez-vous nous donner vos principales idées
pour Paris? En quoi se démarquent-elles de celles des autres candidats?
C’est faux. Une adresse : mon blog : marielledesarnezpourparis.fr, ouvert
depuis trois mois, qui n’est consacré qu’à mon projet et qui a fait l’objet de
plusieurs centaines de contributions des internautes. Grâce à ce travail
formidable, préparé auparavant par plus de 1000 personnes au sein du Modem, je
vais présenter dès lundi matin, mon projet pour Paris. Je serai heureuse que
vous veniez sur mon site et qu’on puisse échanger sur les idées qui y sont
contenues.
Jean-Claude
: Comment avez vous choisi vos candidats tête de liste ?
C’est une commission de constitution des 20 listes pour Paris, composée d’adhérents
de notre fédération qui a reçu les plusieurs centaines de candidatures
examinées chacune d’entre elles, reçu pour une plus grande partie les
candidats, qui a eu la responsabilité de composer les listes.
Nokia:
Vous parlez encore à Cavada?
Non.
Jean-Claude
: Les adhérents soutiennent-ils vos choix dans les investitures ?
Ce sont eux qui font les choix.
Eric
V : Si votre liste gagne les élections dans le 14ème arrondissement, avez vous
l’intention d’être élue maire du 14ème et d’assumer cette fonction ? Sinon qui
dans votre liste à vocation a assurer ce rôle ?
Je suis candidate pour être maire de Paris. Mais j’ai évidemment une attention
et une intimité particulière avec l’arrondissement où je réside.
Nokia:
Faut-il politiser les élections municipales (puisque c’est le sujet de
discussion du moment)?
Non, je suis contre, je pense que l’UMP fait fausse route. Les seuls qui
doivent être propriétaires des élections, ce sont les Parisiens. On n’est pas
là pour l’intérêt d’un parti, mais pour celui des Parisiens. C’est en tout cas
ma vision.
Magda
: Bariani est tête de liste dans le XXème. On sait que vous ne vouliez
pas de lui ; Bayrou vous l’a imposé comment vivez vous ce fait ? On vous sait
rancunière allez vous lui faire payer ?
Les listes que je présente font une très large part au renouvellement. Mais j’ai
trouvé normal que dans le XXe; Didier Bariani soit notre tête de liste. Il a
comme président de notre groupe au Conseil de Paris parfaitement bien géré la
mutation qui a été la nôtre, de l’UDF au Modem. C’est pour cela que je lui ai
personnellement demandé de conduire notre liste.
Nokia:
que retenez-vous de bon danse bilan de Delanoë? Et de pire?
Je trouve que Bertrand Delanoë a su représenter une certaine modernité en 2001.
Je suis d’accord avec lui quand il soutient qu’il faudra diminuer la place de la
voiture dans Paris. Je pense cependant qu’il y a des moyens différents pour y
arriver. Je l’ai soutenu quand il a mis en place le tramway, de même pour
Velib, même si j’ai pu regretter que cela n’ait pas été conçu comme devant se
faire au niveau de notre agglomération plutôt que sur Paris intra muros.
Shawn
MIR : je voudrais que vous m’expliquiez pourquoi vous êtes vice-présidente du
Modem ipso facto sans concertation aucune des adhérents première
question. Pourquoi le Modem n’implique pas la démocratie interne en son
sein contrairement aux engagements de Monsieur Bayrou ? Deuxième question. je
demande un audit des finances de l’UDF et du Modem
Le Mouvement démocrate a un fonctionnement très ouvert, le dernier congrès en a
été la preuve puisque ce sont les adhérents qui ont pensé, élaboré la charte,
les statuts et donc les règles de fonctionnement de notre mouvement. Il suffit
donc d’appliquer les textes et d’en respecter l’esprit. Ce que François Bayrou
fait.
jpC:
Qu’est ce qui peut être amélioré sur Vélib?
Je pense que les utilisateurs devraient pouvoir être associés au signalement
des problèmes mécaniques.
Jean-Pierre:
Logements sociaux, quel est votre programme?
Je souhaite que Paris atteigne les 20% de la loi SRU dès 2014. Je souhaite qu’on
revoie l’équilibre entre les différents types de logements sociaux proposés, qu’on
augmente le nombre de logements ultra sociaux et le nombre de logements pour
les classes moyennes. Je souhaite favoriser la mixité et donc imposer un
pourcentage de logements sociaux dans toute nouvelle construction. Et je
souhaite favoriser la diversité au sein même des logements sociaux. Proposer
davantage de logements pour les familles et les étudiants, par exemple. Par
ailleurs, nous devrons améliorer le taux de rotation du logement social, qui
est l’un des plus bas de France. Requalifier certains quartiers de l’Est et du
Nord parisien, qui atteignent 40 à 50% de logements sociaux. Et favoriser l’accession
sociale à la propriété.
Céki:
Paris paradis des bobos, vous êtes d’accord?
J’aimerais que Paris soit une ville plus agréable à vivre pour tous. Pour les
bobos, mais pas seulement pour eux. Pour les familles, les employés, les
commerçants, les artisans, pour les plus âgés dans la solitude, qui est quelque
chose qui me touche. Mais aussi pour les étudiants. Il faut savoir que Paris
est la dernière ville de France en matière d’accueil pour les étudiants
boursiers; C’est tout cela qu’il faut changer.
Jean-Pierre:
Votre vision de Paris dans 5 ans?
Une ville moins fracturée. Une ville ouverte sur son agglomération. De nouveaux
espaces verts, de nouveaux éco-quartiers, des équipements de proximité plus
nombreux, des transports confortables et en nombre suffisant. Des rues où les
piétons pourront se sentir en sécurité, des pistes cyclables pour les vélos,
des places en crèche en nombre suffisant. Des zones trente à côté de chacune
des écoles.
Internaute
: Etes vous pour l’extension de Vélib’ en proche banlieue ?
Oui, mille fois oui !
icietmaintenant:
Comment vous déplacez-vous dans Paris?
A pied, ou en vélo, ou en métro.
Pierre
G: Que voulez-vous faire en matière de sport à Paris?
D’abord rendre plus accessibles les équipements sportifs qui existent, le soir,
le week-end et notamment pendant les vacances scolaires. Aider davantage les
associations sportives de quartier. Mieux aménager les bois de Vincennes et
Boulogne.
André
: L’automatisation du métro parisien est possible en procédant par secteurs.
Certes le coût est élevé, équipements informatiques, infrastructures, rames,
mais les avantages sont si grands. -Doublement de la capacité. -Meilleure
fréquence et régularité et souplesse de fréquentation. -Gains sur les coûts d’exploitation.
-Diminution de l’impact des grèves sur les usagers. La construction de nouvelles
lignes sera beaucoup plus coûteuse et le service moins bon pour l’usager que l’augmentation
de la capacité par l’automatisation. En tout cas bon courage et tous mes vœux
de réussite.
Je suis d’accord avec vous. A cet égard, la ligne 14 est un bon exemple. Merci
de vos encouragements.
Jean-Baptiste
Gurdly : Déjà chez les socialistes pour les présidentielles, l’idée est apparue
de s’attaquer à la structure administrative de notre Pays. le rapport Attali va
aussi dans ce sens en se fixant une échéance de 10 ans. Mais N Sarkozy dit que
les français sont très attachés à leurs départements, et à leurs communes.
Pourtant les communautés de communes ou d’agglomération semblent bien accepter,
et les Pays qui sont des territoires de projet sur des bassins de vie cohérents
(ou les Parc Naturel Régionaux dans un sens aussi)sont des structures plus
légères beaucoup moins coûteuses qui peuvent permettre de mener des politiques
intelligentes en matière d’emploi, d’écologie, de prévention (en matière de
santé publique), de transport etc. Le problème avec les départements c’est que
les politiques y sont très attachés, est-ce que le département n’est pas avant
tout une machine à entretenir un personnel politique en dehors de toute
implication démocratique ? quelle sera la position du Modem sur ce sujet ?
Le Modem propose la fusion du département et de la région, avec deux types d’élus
: en charge de la proximité, d’une part, en charge du développement économique.
Ceci a l’avantage de simplifier la structure administrative, mais aussi de
conserver les liens de proximité. Par ailleurs, pour le 1er échelon local, il
faut travailler à harmoniser les pays, les communautés d’agglo pour en faire un
véritable premier échelon de la vie locale. On pourrait donc imaginer la France
avec ce double niveau : un premier échelon local, un deuxième avec département
et région fusionnés dans une même institution.
icietmaintenant:
Vous lassez-vous parfois de la politique?
Non. Des comportements humains quelques fois, mais de la politique au sens
noble du terme, au service des autres, jamais.
Motoro:
La peopolisation de la politique, vous en pensez quoi?
Pas du bien. . S’il est normal que les Françaises et les Français sachent qui
sont leurs élus, ce n’est pas une bonne chose de mettre le projecteur en
permanence sur la vie privée des uns et des autres. Et surtout cela empêche de
traiter les vrais problèmes des Français.
Pierre
G: Plutôt foot ou plutôt rugby? Plutôt PSG ou plutôt Stade français?
Au fond, j’aime assez les deux. Ce que j’aimerais c’est que ces deux équipes
restent, ou reviennent, au top !
adeline:
Selon vous, les femmes ont-elles autant de chance que les hommes en politique?
Non, c’est plus difficile pour les femmes de faire de la politique que les
hommes. Il faut une immense disponibilité, ce qui n’est pas toujours possible,
surtout quand on élève des enfants. En même temps, jamais la politique n’a eu
autant besoin de femmes pour la faire évoluer. Je suis députée européenne. Au parlement
européen, il ya près de 50% de femmes. je trouve qu’on y fait de la politique
plus constructive, moins anecdotique. Il y aurait tout à gagner à ce qu’il y
ait davantage de femmes dans la politique en France, à tous les niveaux.
icietmaintenant: Vos 3 endroits préférés dans Paris?
Le Pont des Arts, la vue de Paris du haut du Centre Beaubourg, les jardins
secrets et cachés de Paris. Et les impasses et allées fleuries de mon
arrondissement.
Merci à toutes et tous. J’aime les moments d’échange. Je vous remercie du temps que vous y avez accordé.
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