Le principal lieu de prostitution d’Amsterdam est en passe de devenir le rendez-vous branché des amateurs de haute couture. Samedi dernier, des anciennes cabines de passe du célèbre quartier Rouge de la capitale néerlandaise se sont transformées en ateliers d’artistes de mode. Une vingtaine de couturiers y ont présenté leurs collections pour le coup d’envoi du projet “Red Light Fashion Amster-dam”. Si toutes les prostituées n’ont pas encore quitté les alcôves où elles étalent leurs charmes, ce sont désormais des mannequins qui sont appelés à exciter les sens le long du canal.

Grand nettoyage

La municipalité d’Amster-dam essaye depuis longtemps de donner un nouveau visage à ce quartier, lasse d’y voir l’argent sale et le trafic de femmes y avoir pignon sur rue. Elle a donc mis à la disposition de jeunes créateurs et photographes de mode dix-huit immeubles au loyer abordable. A eux de rendre le quartier plus dynamique.
Les patrons de bar et de sex-shop haussent les yeux au ciel quand on leur parle du renouveau du quartier. “C’est très triste, déplore Martin, du coffee shop Piramide. Ces gens de la mode se payent du bon temps grâce à l’argent de nos taxes.”
Le créateur Edwin Van Oudshoorn comprend la défiance de ses voisins. “La ville veut que le quartier Rouge change, mais elle ne sait pas par quels moyens y parvenir. ça rend la viabilité des commerces très incertaine.” “Nous ne sommes pas une menace pour les prostituées, assure de son côté Brigitte Hendrix, dont l’atelier jouxte celui d’Edwin. Mais les plans que la municipalité a pour le quartier pourraient  en être une.”