A l’occasion du centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir, Arte rediffuse ce soir Les Amants du Flore, une fiction sur la relation singulière qu’entretenaient Jean-Paul Sartre et la romancière.  Si Lorant Deutsch cabotine un peu trop, Anna Mouglalis campe, quant à elle, une Simone de Beauvoir très crédible. Rencontre avec une comédienne touche-à-tout.  

C’est votre premier rôle à la télévision. Comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Au départ, j’avais refusé de le faire. Je trouve que les téléfilms sont souvent ratés car, à la télévision, on tourne trop vite et au détriment du jeu de l’acteur. Ce n’est qu’après avoir lu le scénario que j’ai changé d’avis.

Vous connaissiez bien Simone de Beauvoir avant ?
Non, je la connaissais mal. Surtout la période de sa jeunesse abordée dans Les Amants du Flore. J’ai appris énormément de choses sur elle. Je ne savais pas qu’elle aimait beaucoup plaire ou qu’elle était provocatrice, par exemple. On a trop souvent l’image d’elle vers 50 ans, celle d’une femme  dure. Pour moi c’était une femme admirable qui avait le désir d’être libre.

Comment vous êtes-vous préparée pour le rôle ?
Beauvoir, c’était la reine de l’autofiction.  Elle s’est racontée telle qu’elle voulait qu’on se la représente. Je n’ai donc pas lu de biographie pour le rôle, mais je me suis inspirée de ses écrits pour lui être fidèle.  

Comment avez-vous travaillé avec Lorant Deutsch ?
On était très enthousiaste. Le plus important était que le scénario soit intéressant, même s’il s’agissait d’un autre couple. Pour ma part, je n’étais pas impressionnée de jouer un personnage qui a existé. Je l’ai pris comme un rôle. Simplement.  

Depuis hier, on peut vous voir au théâtre.
Oui, je joue dans une pièce qui s’appelle La Petite Catherine de Heilbronn, d’Heinrich von Kleist, à l’Atelier Berthier à Paris. C’est une féerie médiévale. C’est l’histoire d’une jeune fille à qui un ange apparaît et il lui révèle qui est l’homme de sa vie. Au même moment, un autre ange apparaît à l’homme en question et il lui révèle aussi qui est la femme de sa vie. Mais l’homme n’a pas la chance de voir le visage de sa dulcinée. Ce qui crée des quiproquos. Moi, je joue une femme très belle mais qui, sans tous ses artifices, est un monstre.   

Vous allez également réaliser votre premier film…
Oui. Après le tournage de J’ai toujours rêvé d’être un gangster, de Samuel Benchetrit, que j’ai suivi du début à la fin, et durant lequel j’ai fait un stage de mise en scène, j’ai eu envie de passer derrière la caméra. Le film s’appelle Vampires  et il est inspiré du conte populaire russe qui fait le plus peur aux enfants. Et mon vampire sera Samuel Benchetrit.