C’est une Garde des Sceaux combative, la mine illuminée par une semaine de vacances, qui a reçu Metro dans son bureau ministériel, place Vendôme à Paris. Pour Rachida Dati, la rentrée s’annonce studieuse. Aujourd’hui, les députés examinent un projet de loi qu’elle défend fermement dans l’entretien qu’elle nous a accordé.
Un texte composé de deux volets : le premier concerne la déclaration d'irresponsabilité pénale en raison d’un trouble mental. Le second, très contesté, propose de maintenir en rétention des pédophiles jugés les plus dangereux, en les transférant – dès leur sortie de prison - vers un centre de rétention fermé où ils des soins leur seront proposés.
« Particulière dangerosité »
Cette proposition découle de l'affaire Evrard, pédophile récidiviste qui a enlevé et violé Enis, un garçonnet en août 2007 à Roubaix. Cette mesure, présentée en conseil des ministres le 28 novembre dernier par la ministre de la Justice, s'appliquerait aux condamnés à 15 ans de réclusion ou plus pour un crime à caractère pédophile et dont la « particulière dangerosité » en ferait de potentiels récidivistes à la fin de leur peine.
Alain Boulay, président de l’association d’aide aux parents d’enfants victimes, est favorable à l’adoption de la loi : « Ne vivons pas dans l’angélisme. Certaines personnes sont un danger pour la société. »
D’autres voix s’élèvent en revanche contre ce projet. Ange Legeard, président de la fédération des associations Réflexion Action Prison et Justice, s’alerte de « cet enfermement préventif sans jugement, sans infraction et sans peine décidée. On en arrive à un degré d’application complètement ubuesque du principe de précaution. »
Pétition contre la rétention
Le syndicat de la magistrature (SM), le syndicat national des personnels de l'administration pénitentiaire et le Genepi (association d’étudiants qui enseignent aux personnes incarcérées) ont lancé une pétition sur Internet contre la rétention de sûreté. 1700 personnes l’ont signée, qui refusent « l’instauration d’un enfermement sans fin sur une simple présomption de dangerosité ! ». Hélène Franco, secrétaire national du SM, estime que ce projet « représente un danger pour l’Etat de Droit. Avec cet enfermement perpétuel, on se dirige vers une justice d’élimination pure et simple de certains individus. » L'ancien garde des Sceaux socialiste, Robert Badinter, dénonce aussi « une dérive » et appelle les parlementaires à refuser de voter ce texte.
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Mis à jour 07-01-2008 20:33
Vers un enfermement perpétuel des pédophiles
Le projet de loi très contesté de Rachida Dati relatif à la rétention de sûreté des pédophiles est discuté mardi à l’Assemblée.
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