Il y a assez de haine et de
violence dans la musique avec certains morceaux rap ou même metal.
Il y a beaucoup de violence,
de plus en plus. Tout s’assombrit, le ciel s’assombrit, et c’est
pour cela qu’il y a des chansons comme « Marshmallow », pour décrire
une planète un peu colorée même s’il y a des zones sombres. Et
puis, c’est aussi le fait qu’il y ait du sombre qui met en valeur
la couleur et la lumière. Donc cet album, c’est un clair-osbcur.
Il explore un peu les deux zones de lumière.
L’album évolue. C’est
vrai qu’il commence avec la pop très électro, très basée sur des
hooks, un peu de synthés, mais qui sont toujours mélangés à des
instruments acoustiques pour avoir ce côté chaud aussi. Mais il évolue
aussi vers le rock. En fait, chaque chanson emmène la suivante. Et
même si le coin du départ est très différent du coin d’arrivée,
ça se dépouille au fur et à mesure. On part de quelque chose de très
électro-pop et ça devient très rock, acoustique, et on finit sur
un pur roads. Et on finit dans l’Atlantique aussi dans le texte. C’est
comme si c’était un atterrissage finalement, parce que je pars de
Marshmallow, ma planète.A Au fur et à mesure, j’atteris sur Terre.
Je m’enfonce dans les entrailles, dans l’enfer avec Mephisto, qui
décrit vraiment la perte de l’humanité, les événements comme le
11 Septembre, et puis on s’enfonce au fond de l’océan Atlantique.
Avec la musique, j’ai toujours
envie de sublimer un peu la réalité, de la rendre eu peu plus poétique,
la réinvente, de faire en sorte que même les choses laides sont bien
finalement parce qu’elles deviennent des chansons.
Qu’est-ce qui t’a inspiré
sur cet album ?
Je pars de mon histoire. J’ai
fait beaucoup de voyages aussi sur cet album. J’ai commencé d’abord
par l’Islande. Je suis allée en Islande quelques jours et j’ai
découvert tous les éléments réunis sur une seule terre : le feu,
la glace. Et c’est vrai que l’histoire de mes deux personnages qui
évoluent dans l’album prend un peu sa source dans « Army of Love »,
les amants glacés dans l’éternité qui font appel à cet « Arly
of Love » pour renaître et pour se retrouver. Tout ça, c’est métaphorique.
Il y a des images, des lieux qui inspirent et qui permettent de partir
de ma propre histoire et de la sublimer à travers les lieux comme ça
qui évoquent ces éléments-là.
Ça c’était le point de
départ, et puis je suis restée deux mois à New York. Là-bas, il
n’y a pas de case. On peut faire du country comme le rock. C’est
très riche et il y a tout un panel. Je trouve que la richesse finalement
là-bas, c’est d’accepter ça et que les gens soient multi facettes,
ce qui est plus difficile ici. J’aime bien explorer différentes facettes.
On n’a pas qu’une couleur. J’aime bien explorer l’arc-en-ciel,
la lumière blanche, les sept couleurs, le noir aussi.
Tu as encore travaillé avec
Pascal Obispo sur certains titres. C’est comment de travailler avec
lui ? Il est très perfectionniste.
On est tous les deux des travailleurs
acharnés et passionnés surtout, et c’est là qu’on s’est rejoint
justement, en faisant de la musique. On a vraiment beaucoup de points
communs à ce niveau-là. On a aussi des affinités musicales et il
avait envie de faire des choses différentes avec moi. Il a travaillé
différemment de ce qu’il fait d’habitude. On était ensemble en
studio. C’était un jeu de miroirs où il me regardait et essayait
de faire des choses comme s’il était moi. C’était un jeu d’exploration
vraiment intéressant. C’est vrai que c’est quelqu’un d’hyper
méticuleux, mais le plus joli cadeau qu’il m’ait fait c’est qu’on
fasse ces chansons ensemble et puis de me laisser les approprier. Je
suis retournée voir qu’une fois les chansons terminées – « remarsiennisée » !.
Il m’a dit que ça ressemblait à du Melissa Mars, donc j’étais
très contente.
Il est assez observateur, non ?
Très, et très intuitif. Il
y beaucoup d’a priori sur lui, et en général, les gens ont beaucoup
d’a priori avant de connaître qui que ce soit. Les Français ont
une opinion arrêtée souvent ! C’est vrai que avant de le connaître,
j’avais une autre vision. J’ai voulu justement le rencontrer pour
voir pourquoi il était attiré justement par mon univers. C’est lui
qui est venu à ma rencontre, et j’ai découvert quelqu’un d’autre ;
c’était inattendu pour moi qu’on travaille ensemble et qu’il
soit ce visionnaire qui m’a donnée quelques clés pour justement
trouver la voie où je cherchais ou je tâtonnais, tout en laissant
ma liberté. Je crois que c’est là que notre collaboration a beaucoup
étonné, c’est que j’ai gardé cette liberté et ma personnalité.
Heureusement alors qu’il
t’a réveillé à trois heures du matin !
(Rires) Ce n’est pas tous
les jours qu’un personnage comme lui passe un coup de fil à trois
heures pour me dire en plus, « Je veux faire de la musique avec toi ! »
(Rires) C’était vraiment étonnant pour moi. Je ne me serais jamais
dit : « Tiens, j’aimerais bien bosser avec Pascal Obispo. Je ne le
connaissais pas pour avoir cette idée ou cette envie. Le fait qu’il
m’ait appelée… même la discussion, on parlait le même langage.
Je suis allée dans son studio et ça s’est confirmé que quelque
chose était possible. C’est un personnage vraiment inattendu. C’est
un homme sombre et très torturé.
Tu as chanté « 1980 » avec
lui sur son album et justement, vous aimez tous les deux la musique
des années 80. Quels sont tes groupes préférés ?
J’adore The Cure, Depeche
Mode… C’est des groupes en plus dont j’aime de plus en plus la
musique d’aujourd’hui, même s’ils ont eu des énormes tubes par
le passé, leurs derniers albums sont encore plus beaux au niveau du
son, un véritable travail de son. Avant, c’était plus des chansons
tubèsques avec des mélodies, des hooks, des gimmicks, et là il y
a quelque chose de plus profonde. Pascal m’a fait découvrir des chansons
un peu méconnues, par moi en tout cas !
Et des groupes plus modernes,
tu aimes quoi ?
Aujourd’hui, Nine Inch Nails.
Je suis fan. J’ai découvert ce groupe il y a deux ans sur scène.
J’aimais bien Marilyn Manson et on m’a dit : « Va voir Nine Inch
Nails ». Je connaissais rien et je les ai vu sur scène et là, j’ai
eu un coup de foudre. Trent Reznor dégage un charisme, une sexualité
exacerbé à travers la musique, quelque chose de très félin. Moi,
j’était happée !
Il est très théâtral aussi.
Oui, très théâtral. Pas
de mise en scène particulière mais on en retient quelque chose : on
est dans un monde, un univers particulier. Après je me suis procurée
toute la discographie des Nine Inch Nails. J’adore ! Sinon, étrangement,
j’aime beaucoup le dernier album de Nelly Furtado. « Maneater », c’est
mon titre préféré. J’aime Gwen Stefani aussi. Ce n’est pas le
style de musique que j’écoute habituellement, mais les productions
de Timbaland – c’est un génie ! Il est incontournable, meêm si
je n’aime pas ce qu’il a fait avec Björk. (Rire.)
Personne n’arrive à vraiment
l’écouter.
C’est bizarre, oui. Mais
le Nelly Furtado et Gwen Stefani, c’est wow ! Pourtant il n’y a pas
grande chose, mais ça te prend aux tripes. Tu ne peux pas t’empêcher
de bouger là-dessus !
Ça te plairait de travailler
avec un producteur comme lui ?
(Rires) Oooh, c’est énorme !
Mais je crois qu’il y a déjà quelqu’un en France qui l’a fait.
M. Pokora.
Oui, c’est ça. Je ne sais
pas si c’est mon style aussi, moi Melissa Mars.
Mais il a aussi produit pas
mal de groupes de rock.
C’est le génie actuel.
Il y a des gens avec qui tu
aimerais travailler, à part Depeche Mode ?
Ah oui, Depeche Mode ! J’en
rêve ! (Rires) je ne sais pas. Honnêtement, toutes les rencontres que
j’ai eu sont tellement inattendues. Ce n’était pas programmé.
C’étaient des rencontres qui se sont arrivées. Je suis reconnaissante
à la vie de m’avoir donné cette chance-là. Donc je préfère finalement
de me laisser surprendre à chaque fois et laisser les rencontres arriver.
Finalement, c’est ça le destin. Ce n’est pas parce qu’on court
après quelque chose qu’on l’obtienne.
Tu crois à être au bon endroit
au bon moment ?
Je pense, sinon, je ne voulais
pas faire de la musique. Je voulais être actrice depuis toute petite.
Les cours de théâtre, j’ai commencé à l’âge de 13 ans. Quand
je sis arrivée à Paris, j’avais un agent. J’ai fais des castings.
Puis André Téchiné a souhaité me rencontrer pour un projet, et moi,
j’étais partie dans mes rêves : « Ça y est, c’est le rôle de
ma vie, c’est le moment de ma vie. » Effectivement, c’était le
moment de ma vie, mais ce n’était pas avec lui, parce que le courant
n’est pas particulièrement passé entre nous durant le dîner. Mais
à la fin de ce dîner, il y a quelqu’un qui connaissait mon agent
qui est arrivé et qui m’a demandé : »Est-ce que vous chantez ? » Et
c’est le point de départ. C’est incroyable, non ?
Ça te manque la comédie ?
J’ai trouvé le moyen à
travers la musique de m’accomplir ; Mon rêve c’est d’être une
heroine et je crée une heroine à travers mes albums, mes clips.
Tu as des propositions au cinéma ?
J’ai quelques propositions,
mais pour l’instant, je n’ai pas rencontré le projet que je voulais.
J’ai pour règle de ne faire ce que j’aime, c’est-à-dire je ne
vais sacrifier ms rêves, mes envies à des opportunités qui ne me
correspondent pas.
Qui est ton réalisateur préféré ?
Tim Burton. Dans un genre,
c’est Tim Burton parce que son style, le monde qu’il a créé à
travers toute sa filmographie, je m’identifie à un mélange de tous
ses personnages. Et ils sont tous des gens rejetés par la société
et qui finalement se créent un monde pour survivre.





































