La pokermania gagne la France. Lentement mais sûrement, l’engouement constaté dans le monde entier contamine la France. Entre amis ou en clubs plus ou moins privés, sur Internet ou en jeu vidéo, pour de l'’argent, pour l’'honneur, pour des strip-tease ou pour des carambars, ceux qui jouent sont chaque jours plus nombreux. Avant de vous brûler les ailes en ligne ou de miser la maison de vos parents sur le tapis du casino de Deauville, le jeu vidéo peut vous permettre de mieux appréhender ce « sport », à l’image du dernier né du genre, World Series of Poker, Battle for the Bracelets. Disponible sur PC, PS2, PS3, Xbox 360, DS et PSP, ce jeu estampillé « officiel » propose un contenu très riche. Nous l’avons testé sur PlayStation Portable, un support particulièrement adapté.

Réalisme bluffant

Un rapide tour des menus permet de comprendre à qui l’on a à faire : les grands tournois sont légion et il vous faudra affronter les meilleurs joueurs du monde, particulièrement bien modélisés, tels le champion WSOP 2004, Greg Raymer. Mais contrairement aux jeux en ligne, qui se limitent souvent à un fond vert simulant une table de casino et des cartes qui apparaissent et disparaissent au rythme de nos clics, WSOP 2008 permet de se plonger réellement dans une partie, avec ce qu’elle comporte d’observation des adversaires et de bluff. Regardez vos cartes quand bon vous semble face à la mini caméra et scrutez vos adversaires : rien ne sert de jouer à 200 à l’heure car votre joueur prendra parfois son temps malgré vous, continuant pendant de longues secondes à faire semblant de réfléchir quand vous avez sélectionné votre mise ou annoncé « tapis ». S'’il est possible d'’accélérer le temps de réflexion de vos adversaires, celui-ci, ajouté à leurs attitudes et tentatives de dialogue, voire de déstabilisation, permet de mieux se mettre dans l’ambiance. Leur intelligence artificielle étant plutôt bonne, il devient d’ailleurs rapidement plus agréable de jouer ainsi que contre de vrais adversaires en ligne : ceux-ci, surtout dans les parties gratuites, ont en effet souvent tendance à défier toute logique, à s’emballer, bref… à jouer n’importe comment. Dans WSOP 2008, chaque décision est pesée et chaque moment de réflexion interprété par la machine. On s'’y croit.


C’est d’ailleurs là le grand danger du jeu : il vous entraîne dans des tournois sans fin dont seul le sommeil arrive à vous séparer, et vous oblige à jouer chaque coup sans filet, puisqu’il faut souvent compter plus de 100 mains, parfois 200, pour gagner la partie… ou la perdre à une place honorable mais sans gagner d’argent ! Car même s’il est virtuel, l’argent devient vite le nerf de la guerre : il vous en faut pour participer aux tournois tandis que votre capital de départ fond comme neige au soleil. Seul parade : le sérieux, l’étude des statistiques, de votre profil de joueur dressé par la machine, des tutoriaux, etc. Les puristes, après avoir débloqué toutes les vidéos, essaieront même de décrocher toutes les médailles, correspondant à peu de choses près à chaque coup possible.
Vous voulez voir si vous avez assez de cran pour aller jouer votre salaire dans les casinos ? Essayez d’abord World Series of Poker 2008. Et si vous ne parvenez à dompter la machine, peut-être serez vous prêts à aller affronter Joe Hachem et consorts dans les tournois du monde entier… Mais avec des milliers de vrais euros en droits d’'inscription.