16h30, devant le collège Léon Gambetta, dans le XXe arrondissement de Paris. La cloche retentit. Les élèves s’engouffrent en courant dans le long couloir qui les sépare de la sortie. La journée d’école s’achève. « Ouf ! », crie Benjamin, en 6e, qui même s’il est « bien content d’être là », l’est apparemment plus quand c’est fini. Les élèves qui restent sur le trottoir se disent tous satisfaits d’être dans cet établissement. « Ailleurs, y a trop de pression », explique Thomas, en 5e. Marville, dans sa classe, renchérit : « J’avais pas envie d’aller dans un collège de merde, j’ai pas envie d’aller dans un lycée pourri. » Ses parents ont demandé une dérogation pour qu’il puisse entrer dans cet établissement. « Normalement, je dépendais du lycée Pierre Mendes-France mais là-bas, ça craint », explique-t-il. Pavlov, lui, a choisi « allemand exprès pour venir ici. » 

La crainte du ghetto
Selma, en 4e, connaît bien sa carte scolaire : « La sectorisation, c’est nul. J’habite à côté du collège et on voulait m’envoyer dans celui de mon secteur, qui est super loin. Alors on a demandé une dérogation. » Sa copine, Emma, est sceptique quant à la suppression de la carte : « Les parents vont placer leurs enfants dans les bons collèges. Donc les bons vont partir. Et si les nouveaux ne sont pas bons, ça va faire baisser le niveau global. »  

Victoria, en 4e aussi,  pense que permettre aux élèves de choisir leur établissement est « une bonne mesure. Car si les élèves n’aiment pas leur collège, ils peuvent en partir. » Cette excellente élève – sa copine a cafté - pense déjà à la suite : « Je veux aller au lycée Louis-le-Grand. C’est loin mais comme c’est un bon établissement, je suis prête à traverser tout Paris. »  

La principale de Gambetta, Josiane Giammarinaro, considère de son côté que « c’est un vrai challenge que les bons élèves continuent à faire confiance en leur établissement tout en  gardant l’hétérogénéité des élèves. Il faut conserver éviter les établissements ghetto. »