Le réchauffement climatique pourrait provoquer violence et conflits, voire une « guerre civile mondiale », si la température de la Terre devait dépasser les 2° C par rapport au niveau préindustriel de 1900, avertit le Programme des Nations Unies pour l’Environnement dans un rapport publié hier à Bali. Quelques heures plus tard, le prix Nobel de la paix a été officiellement remis à Al Gore et au Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) pour avoir contribué à sensibiliser l'opinion mondiale sur les effets potentiellement dramatiques du réchauffement de la planète. « Jusqu’à maintenant, les politiques de sécurité n’étaient pas liées à des considérations environnementales, explique Benno Pilardeaux, porte-parole du Conseil consultatif allemand sur le changement climatique, auteur du rapport. L’année 2007 représente un grand changement en ce sens», se réjouit-il.

Des migrations climatiques

Le lien étroit entre paix et état de la planète ne fait désormais pas de doute, comme le confirme ce rapport. Les pénuries d’eau, l’appauvrissement des sols et la diminution de la production agricole, les phénomènes climatiques extrêmes, comme les cyclones, risquent d’aggraver les tensions dans des endroits du globe déjà fragilisées par la pauvreté et l’instabilité politique, notamment dans le Sud. Les pays riches seraient eux-mêmes affectés par la pression des flux de migrants climatiques. Mais surtout, l’Occident risque d’être de plus en plus pointé du doigt par les pays victimes du dérèglement climatique pour sa responsabilité comme émetteur « historique » de CO2. Le message du rapport se veut positif. « Nous pouvons éviter ses scenarii si la communauté internationale s’engage à adopter une politique rigoureuse pour la protection du climat », conclut Benno Pilardeaux. C’est le signal qu’on attend de la Conférence de Bali sur les mesures à entreprendre après l’expiration du protocole de Kyoto en 2012.