A Nice, le jazz n’adoucit pas les mœurs. Mardi matin, le débat sur la désignation du nouveau patron du festival de jazz a joué une symphonie dissonante. A tel point que les festivités sont pour le moment au point mort. Jacques Peyrat, après lecture des dossiers de candidatures, propose que le chef d’orchestre du Nice Jazz Festival pour les trois prochaines éditions devienne la société Gérard-Drouot Production, au détriment de l’organisatrice depuis 2001, Viviane Sicnasi.

Barthe préfère Sicnasi
Mais dans la salle du conseil, des voix s’élèvent. Celles de Simone Monticelli (PCF) et de Patrick Mottard (PS), sans surprise. Mais également celles de l’ancien premier adjoint Gilbert Stellardo et du futur ex-adjoint à la culture, privé de ses délégations quelques jours plus tôt, André Barthe. Ce dernier s’est dit “étonné de la décision du maire, et de lui seul, car la commission des délégations de services publics n’a pas placé Drouot en tête mais Sicnasi”. Il a précisé que “l’avantage culturel revenait à la sortante”.

“Une décision injuste”
Pour Viviane Sicnasi, la patronne déchue, c’est le choc et l’incompréhension : “Je ne suis pas en colère. C’est une décision injuste et j’essaie de le prouver. J’ai le sentiment qu’il y a eu des irrégularités.” Plus qu’un sentiment, c’est une intime conviction qui la pousse à introduire un référé devant le tribunal administratif de Nice.

Le juge, qui rendra sa décision le 19 décembre, a d’ores et déjà ordonné la suspension de la décision du conseil municipal. Contactée hier, la société Gérard-Drouot a refusé de s’exprimer sur le sujet.