Comment accueillez-vous la mise en place du bonus-malus ?
Nous avons échappé au système qui était initialement prévu par le Grenelle de l’environnement d’une éco-pastille annuelle qui avait ce côté ringard de la vignette. Deuxièmement le seuil à partir duquel sera appliqué le malus est de 160 g CO²/km alors que la proposition d’origine du Grenelle  était de 140 g CO²/km. C’est un changement en faveur des familles qui ont du mal à trouver des voitures dans les catégories moins polluantes. Ce sont plutôt des bonnes choses.

Vous restez toutefois sceptique vis-à-vis de cette mesure…
Je suis partagé. D’un côté, il est intéressant pour les automobilistes d’avoir une prime qui les aidera à l’achat d’un véhicule neuf. Mais on risque de donner de l’argent à des gens qui auraient de toute façon changé de voiture. Ce qui me gêne particulièrement c’est qu’on s’aperçoit que l’impact du bonus concerne les petites voitures. Alors ces voitures sont achetées en priorité par les célibataires. Pour les véhicules familiaux, entre 140 g et 160 g CO²/km, il n’y aura ni bonus, ni malus, au-dessus il y aura un malus. Par ailleurs, seulement un quart des voitures vendues chaque année en France sont des voitures neuves, les trois quarts restants sont d’occasion.

Il faut bien trouver des moyens incitatifs pour réduire la pollution automobile…
Nous sommes pour la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre  et pour la maîtrise de l’énergie. Mais la solution ne peut pas passer par la fiscalité alors que les alternatives n’existent pas pour tout le monde. Par ailleurs, on ne réfléchit qu’aux émissions de la voiture, pas à son utilisation. Une famille de 5 personnes dans une Espace qui émet 221 CO²/km, ce sont moins de 45 CO²/km, par personne… c’est moins qu’une personne seule dans une voiture qui n’émet que 100 CO²/km.