Mis à jour 05-12-2007 11:12
« L’air propre c’est impossible »
Andrée Buchmann, Présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur

Andrée Buchmann, Présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur.
Photo : DR
Le monde médical a constaté un doublement des cas d’asthme et d’allergies en vingt ans. Andrée Buchmann
Quelles sont les sources de pollution de l’air intérieur ?
Il y a des milliers de polluants dans nos maisons, mais globalement les moisissures et les formaldéhydes sont les plus présents. Les moisissures se développent à cause de l’humidité liée au manque d’isolation, à une ventilation insuffisante ou par exemple au fait d’étendre son linge dans des espaces fermés. Les formaldéhydes dérivent du formol qui est un conservateur présent dans la colle des moquettes et des meubles de façon systématique.
Quels sont les risques liés à cette pollution ?
Les formaldéhydes sont classés comme substances cancérigènes, par exemple. L’effet des polluants peut se manifester par un picotement des yeux ou même par des rhinites, voire des situations plus graves. L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a par ailleurs été créé en 2001 à la demande du monde médical qui a constaté un doublement des cas d’asthme et d’allergies en vingt ans.
Peut-on mesurer la pollution de l’air de nos maisons ?
Aujourd’hui il existe des petits appareils vendus en pharmacie pour mesurer le taux de CO2 dans l’air, mais pour les autres polluants c’est plus compliqué. L’observatoire de l’air intérieur a mené des mensurations dans 700 habitations en France, mais avec des équipements lourds et chers. Les données relevées nous ont cependant permis de constater que lorsqu’on trouve certaines substances, elles sont toujours accompagnées par d’autres. L’un de nos objectifs est donc de déterminer quels polluants peuvent fonctionner comme des révélateurs de façon à concevoir des appareils plus petits qui servent à relever la présence d’une substance grâce à laquelle on pourra déduire la présence d’autres polluants.
Que faire pour avoir un air propre chez soi ?
Propre c’est impossible. Mais on peut réduire la pollution en veillant à bien ventiler notre habitation et à ouvrir régulièrement les fenêtres comme avaient l’habitude de faire tous les matins nos grand-mères. Nous devons aussi faire attention au choix des matériaux de décoration et à nos comportements en limitant par exemple l’usage de produits ménagers et d’aérosols.
En savoir plus
http://www.air-interieur.org







