Un œil sur l’horizon, l’autre dans le viseur de son appareil photo. Depuis plus de dix ans, le photographe Philippe Frutier parcourt le Nord-Pas-de-Calais aux commandes de son ULM. Il sort aujourd’hui Le Nord Pas-de-Calais à tire d’aile, la région telle qu’il la perçoit d’en haut, « loin de l’image que l’on s’en fait parfois », explique-t-il.
Voler, « c’était un rêve de gamin », confie Philippe Frutier, 49 ans, originaire de Boiry-Saint-Martin, à côté d’Arras. Il en a fait son métier. A la demande de ses clients, il décolle de l’aérodrome d’Arras-Roclincourt à bord de son "ULM 3 axes, un petit aéronef très performant", pour photographier la région du ciel. Et, régulièrement, se laisse aller à quelques détours, l’œil du technicien cédant alors la place à celui de l’artiste.
Pourquoi l’ULM ? « Comparé à l’avion (qu’il utilise aussi parfois, ndlr) ou à l’hélicoptère, l’ULM c’est beaucoup moins polluant, répond le photographe. Pour moi, c’est important. C’est aussi un engin facile à mettre en œuvre, et il est à la fois rapide - pour se rendre sur un lieu - et très maniable à petite vitesse, ce qui est idéal pour faire de la prise de vue. »
Dans Le Nord Pas-de-Calais à tire d’aile, Philippe Frutier montre une région « qui offre une extraordinaire variété de paysages - ce que l’on ne retrouve pas toujours dans d’autres régions -, parfois des choses complètement inattendues ». Des paysages qu’il ne se lasse pas de survoler. « C’est toujours différent, en fonction de la lumière, des saisons... »
Alors, au fil des deux cents clichés sélectionnés, il faut s’attendre à quelques surprises. « Il y a souvent un certain décalage entre l’image ‘terre-à-terre’ que l’on se fait de la région - y compris ceux qui y vivent - et la réalité », explique Philippe Frutier, citant par exemple « le patrimoine minier souvent considéré comme un point noir ».



































