Le 1er janvier prochain, la cigarette n’aura plus droit de cité dans les bars, restaurants, casinos et autres établissements accueillant du public. Et c’est peut-être dans les établissements de jeu que la transition sera la plus délicate. Surtout parce que les gros joueurs sont souvent de gros fumeurs. “40% d’entre eux”, précise Thierry Parachini, directeur d’exploitation du casino Croisette, l’établissement installé dans les murs du Palais. Partant de ce constat et de la perspective d’un impact sur le chiffre d’affaires, les deux casinos Barrière de la ville ont pris les devants et commencent déjà à “sevrer” les clients.

Des sucettes pour compenser

L’initiative est originale : des espaces sont déjà restreints et depuis le 1er novembre, des sucettes sont mises à la disposition des clients ! “Pour imiter le geste”, explique Thierry Parachini. Efficacité de la parade ou prise de conscience des joueurs, le fait est que les salles sont d’ores et déjà moins enfumées.

Restent les inconditionnels. Entre deux bouffées, assise devant son bandit-manchot, Vittoria pense avoir “déjà réduit sa consommation à l’intérieur du casino. Mais lorsqu’on est là, il y a souvent une nervosité qu’il faut compenser”. Plus loin, Angèle peste “contre le tabac” et voit d’un très bon œil la nouvelle législation.

Pour les employés aussi, cette nouvelle législation est synonyme de grand bol d’air. “Il n’y a pas de respect pour les non-fumeurs, on reçoit la fumée des joueurs et physiquement on le ressent”, explique Roger Pic, employé depuis trente-deux ans dans un casino. Fin décembre, le dispositif entrera pleinement en action avec l’installation de quatre cabines à recyclage d’air, pour un coût de 1 800 euros par mois.