Accompagner les prostituées victimes de trafics à Lyon, tel est le but du projet Action et concertation contre le trafic et l’esclavage sexuel (Actes), lancé il y a deux ans par l’association Agir ensemble pour les droits de l’homme (AEDH).
Le projet, mené en Rhône-Alpes, est une expérience pilote sur la question du trafic des femmes originaires des pays d’Europe centrale et orientale à des fins de prostitution forcée. Le scénario est toujours le même : crédules, les jeunes femmes pensent trouver le  bonheur en partant vers l’Ouest. Agées de 18 à 25 ans, parfois mineures, elles représentent des proies faciles pour les réseaux de prostitution.
Afin de leur venir en aide, l’Amicale du nid, partenaire d’Actes, s’est rendu dans la rue pour retrouver ces femmes, assistée par la police et plus rarement par le bouche-à-oreilles entre victimes.
Depuis 2005, sur 280 contrôles effectués par la police, 38  femmes ont profité du dispositif d’accompagnement mis en place par l’association, 17 ont bénéficié d’une assistance judiciaire et 27 ont déposé plainte contre leur réseau. “Notre dispositif fonctionne, mais il faut continuer à se battre”, résume Nadine Camp, responsable des programmes de AEDH. 
Malgré les actions du préfet, qui a délogé des centaines de prostituées du Confluent l’été dernier, l’ONG considère que le problème est loin d’être résolu. Selon l’association, une fois évincées des centres-ville, les prostituées sont encore plus en danger dans des banlieues cachées de tous.