Mis à jour 26-11-2007 22:07

David Dufresne : "Le symptôme que rien n'a bougé en banlieue"

David Dufresne, journaliste, auteur du documentaire "Quand la France s’embrase" et du livre "Maintien de l’Ordre" (Hachette Littératures, 2007).

Comment analysez-vous les événements de Villiers-le-Bel ?
Le scénario est toujours le même : un problème avec la police – bavure ou accident – qui génère des rumeurs. Ces rumeurs peuvent être vrais, comme c’était le cas à Clichy-sous-Bois en 2005, ou totalement infondés. Dans tous les cas, elle génère une colère et une incompréhension qui amène à la violence. Dès la première nuit, il y a des destructions importantes et des affrontements très rudes avec la police. Un haut fonctionnaire de police a qui j’ai parlé hier m’a d’ailleurs dit « Depuis 2005, tout le monde est plus aguerri. Nous et eux ». On est dans une logique de guerre.

Comment en est-on arrivé là ?
On s’aperçoit que les relations entre policiers et jeunes sont toujours aussi compliquées. On est resté dans le schéma défini par Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. La police de proximité a été sacrifié au profit d’une police d’intervention et de maintien de l’ordre, qui crée des tensions quotidiennes dans les quartiers. Pour le reste, les problèmes de quartiers – éducation, transports, emploi -   restent entiers. Les jeunes qui brûlent les voitures ne sont que le bras armé de toute une population qui se débat dans des problèmes insolubles. La facilité avec laquelle la violence a explosé à Villiers-le-Bel est le symptôme éclatant que rien n’a bougé dans les banlieues.

Existe-t-il un risque de contagion comme en 2005 ?
En 2005, le mensonge était manifeste. Nicolas Sarkozy affirmait que les policiers n’avaient pas poursuivi les jeunes. Or, le garçon qui avait survécu disait le contraire. C’est ce mensonge qui a mis le feu aux poudres. Là, on a deux morts, des affrontements mais la suite dépendra de la qualité et de la sincérité de la communication faite par le gouvernement.   Depuis Clichy, le pouvoir a compris que la communication jouait un rôle clé dans ce type de crise.

Nouvelle flambée de violence à Villiers-le-Bel

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