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Mis à jour 23-11-2007 08:41

Facebook : Je reste (pour le moment)

Par Olivier Le Deuff, blogger

J’ai décidé de rester sur Facebook. J’ai bien testé aujourd’hui scilink plutôt orienté « chercheurs » mais je ne suis pas tout à fait convaincu, d’autant que je dois y subir des google adwords. Finalement, pour l’instant, je reste, même si je sais qu’au final, c’est Facebook qui ramassera la cagnotte et pas moi.

Facebook, comme je l’ai déjà écrit fin août, c’est Rennes-le-Château. On en parle beaucoup, en bien, en mal, mais ce qui est clair, c’est que ça intrigue. Alors bien sûr, moi aussi je n’ai guère apprécié les publicités pour le Front National, les problèmes de performance et les sites de rencontres qui apparaissent sur mon profil. Mais après tout, l’invasion publicitaire est partout et je ne vois par pourquoi seul Facebook serait à blâmer.

Mais cessons l’hypocrisie, Facebook a le mérite de fonctionner, notamment du fait du nombre important de ses membres. Mais Facebook peut s’avérer parfois efficace, y compris en matière de veille d’information, notamment si vous avez ajouté des applications de signets sociaux et que vous échangez de l’information avec votre réseau. Il est vrai qu’il y a des dérives, des applications stupides, mais vous n’êtes pas obligés de les ajouter si vous ne voulez pas être victime d’infopollution. Sans doute le modèle reste à affiner, mais retirer aussi vite sa confiance revient sans cesse à rentrer dans un effet de zapping permanent un peu similaire à ce passage de l’autorité à la popularité, où chacun de nous est dépossédé de la légitimité du prêtre et doit la gagner tel le prophète. A ce jeu là, les idoles ne durent guère de temps et la cybersphère ne peut que nous conduire à la tentation de l’érémitisme le plus complet. Par conséquent, ce procès d’utilisation des données privées pourrait être également fait au Dieu Google, voire à d’autres organismes ou institutions.

Le trésor de Facebook, ce sont bien sûr avant tout ses membres et sans leur confiance, le modèle ne peut pas fonctionner. Pourtant, il existe des médias médiocres, où la publicité est déversée et dont le modèle économique fonctionne parfaitement. Je songe à la plus puissante chaine européenne, TF1 : des programmes pas terribles et des publicités à gogo. Le net n’est certes pas la télévision et les comportements sont différents. Mais il faudra sans doute s’y faire, les gros médias du net useront de plus en plus de la publicité avec des stratégies plus fines que celles de la télévision. Un réseau comme Facebook ne peut tourner qu’avec de la publicité, sauf si les membres acceptent de payer ce qui n’est pas le modèle en vogue sur le net. Facebook cherche lui aussi à offrir du temps de cerveau à ses publicitaires grâce à des stratégies d’économie de l’attention.

Facebook suscite une controverse : c’est à mon avis excellent pour lui. On en parle encore plus, Facebook réagira probablement et proposera des améliorations se montrant à l’écoute de ses membres. Bilan, on en reparlera encore et encore. D’ailleurs, des groupes de pression se créent en son sein même pour faire évoluer les dirigeants. Une nouvelle fois, ce n’est pas uniquement les médias qui sont à critiquer mais ce que nous en faisons qui doit susciter l’interrogation. Mais je ne vais pas reparler ici de l’importance de la culture de l'information et de la communication. Et puis, si ce site est si diabolique, faut-il pour autant s’en aller ?   J’ai donc préféré avec d’autres « Jedis de l’information » de lutter contre les Siths du web 2.0 en demeurant sur l’étoile noire Facebook. Je fais déjà de même en usant des services du Dieu Google.

Si je devais par conséquent quitter Facebook, ce serait pour mieux. C’est toujours possible. Pour ma part, j’aurais aimé que les universités imaginent des plateformes similaires inter- opérables entre elles, un peu à l’instar de ce qui a été fait dans les  Ent. Une mashup de Elgg avec une dose de Portanéo mélangée avec une solution type facebook, voilà qui aurait de quoi séduire, surtout si ces espaces réseaux pouvaient facilement se raccrocher avec des organismes type Anpe ou Apec. Les entreprises pourraient ensuite faire de même pour proposer des applications permettant de se raccrocher et ainsi de suite. Bref, un modèle inverse de celui de Facebook reposant sur des architectures libres et ouvertes et bénéficiant de la participation de l’Etat. Le secteur privé pourrait se raccrocher par la suite en proposant des applications pour recruter, s’intéresser à la recherche, se faire connaitre et vice versa.

Je suis persuadé qu’il est encore possible de le faire. Il suffit de volonté politique et de collaboration efficace entre les diverses équipes. Mais avant, il faut sans doute sortir du dogmatisme.

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