Qui n'a jamais rêvé, au moins une fois, d'aller étrangler un voisin trop bruyant ? Beaucoup, si l'on en croit le Centre d¹information et de documentation sur le bruit (CIDB), puisque 40% des Français s'estiment gênés par le bruit à leur domicile. Voisinage, circulation, aéroports,
commerces... les sources de nuisance sonores sont multiples.

Isolation phonique

Et pour s'en préserver, la première des solutions consiste à isoler son habitation. "Il existe des solutions pour obtenir une bonne isolation phonique, explique Thierry Ottaviani, président du Comité des  victimes du bruit et de la pollution. Mais il faut être aisé : comptez 4 000 euros par
pièce pour être tranquille". Il existe des aides pour les particuliers qui veulent s'équiper. Ainsi, les matériaux thermoacoustiques (doubles vitrages, matériaux isolants  pour les murs, etc.) peuvent faire l'objet d'un crédit d'impôt de 40% pour les travaux effectués entre le 1er  janvier 2006 et le 31 décembre 2009. "Attention toutefois aux vendeurs de produits miracles qui
tentent de profiter de la détresse des gens, prévient Thierry Ottaviani. Il faut s'adresser aux d'entreprises qui ont des acousticiens agréés". Mais quand il s'agit de composer avec un voisin fêtard, une amatrice de techno à haute dose de décibels ou un musicien en devenir, "ce n'est pas à la victime de nuisance d'avoir à s'équiper", estime-t-il.

La voie légale

Et il existe tout un arsenal pour arriver à faire baisser le niveau sonore d'un voisin trop bruyant. "La première chose est de le prévenir. Beaucoup de gens ne se rendrent simplement pas compte qu'ils dérangent leurs voisins", détaille Thierry Ottaviani. Et si les choses s'enveniment, il faut notifier les choses de manière formelle, avec l'envoi d'un courrier  recommandé. "Il ne faut pas hésiter non plus à déposer des mains courantes et à écrire à son
commissariat", recommande Thierry Ottaviani. Car, le principal problème reste de faire constater les nuisances. "Il est parfois difficile de faire déplacer la police ou la gendarmerie, estime-t-il. Et il ne faut pas hésiter à passer par une association. Les plaintes trouvent écho plus facilement".
Sachez enfin qu'il est possible d'engager une procédure judiciaire, avec, au pénal, une amende qui peut atteindre 450 euros et donner droit à des dommages et intérêts. "Il ne faut surtout pas, par contre, céder à la colère, prévient Thierry Ottaviani, car quand la victime a tout à perdre quand elle se transforme en bourreau."