Oui, le nombre d’enfants atteints est en constante augmentation depuis des années, de l’ordre de 3% par an. Il s’en rajoute un peu plus de génération en génération, puisque ce diabète dit de type 1 lié à un dérèglement de l’insuline, est lié à des prédispositions génétiques. Ce qui change, c’est que désormais les enfants atteints par un diabète ont en général entre 0 et 5 ans. La proportion de ces très jeunes enfants a doublé en dix ans, pour un nombre un nombre total d’enfants diabétiques de 15 000 en France, dont 1400 sont diagnostiqués chaque année. 

La conséquence est que ces enfants sont beaucoup plus exposés à l’hyperglycémie chronique dans leur vie, et les pédiatres doivent s’occuper d’eux beaucoup plus longtemps. 

Le mode de vie sédentaire et l’alimentation des enfants sont-ils pour quelque chose dans l’apparition de ces diabètes ?
Il y a une augmentation très significative du nombre d’enfants obèses en France, notamment à La Réunion où 35% des enfants ont une surcharge pondérale. Celle-ci a pour conséquence qu’un patient génétiquement exposé exprime son diabète de type 2 beaucoup plus tôt. Dans ce diabète de type 2, qui intervient chez les personnes à l’alimentation trop riche et au mode de vie sédentaire, les cellules de l’organisme deviennent moins sensibles à l’insuline. Le pancréas produit donc plus d’insuline pour produire les mêmes effets. Par ailleurs, l’hyperglycémie chronique due à l’alimentation est toxique pour le pancréas qui, après quelques années ou mois selon les cas, ne parvient plus à créer suffisamment d’insuline. C’est là qu’apparaît le diabète. Normalement, c’est vers la trentaine-quarantaine qu’il s’exprime. Mais les personnes concernées sont de plus en plus jeunes, à l’adolescence. Sur 15 000 enfants concernés, 1% ont un diabète de type 2 en France. On peut prévoir une hausse significative de ce chiffre si on continue à manger trop, trop sucré, trop gras.

Mais ce n’est pas la nourriture qui déclenche le diabète. C’est la surcharge pondérale sur un terrain génétiquement prédisposé.  


Comment vit-on, quand on est enfant, avec un diabète ?

Un diabète de type 1 , le plus courant, c’est une bombe qui éclate à la figure. Alors que tout va bien, d’un jour à l’autre l’enfant se met à boire beaucoup, à aller très souvent aux toilettes, à être très fatigué et à perdre du poids. Et là on lui dit que toute la vie il aura besoin de s’injecter de l’insuline.

Le rôle de l’AJD (aide aux jeunes diabétiques) c’est de permettre à ces enfants d’établir un parcours de soin cohérent, lui montrer comment prendre sa glycémie 6 à 8 fois par jour et s’injecter de l’insuline 4 à 6 fois par jour.

Aujourd’hui, un enfant dispose de tous les outils nécessaires pour éviter toute complication dégénérative comme la cécité, l’insuffisance rénale, ou l’amputation. Le tout passe par une éducation thérapeutique : être à l’écoute de son corps et prendre soin de soi.