Will Eisner, Art Spiegelman, Gotlib, Robert Crumb, Hugo Pratt, Joann Sfar... Ces noms résonnent familièrement aux oreilles des amoureux de la BD. Leur point commun ? Une appartenance à la religion juive, ou, dans le cas de Pratt, une adhésion forte à sa culture, que l’on retrouve à différents degrés dans leur œuvre. Le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme consacre une exposition originale sur les passerelles jetées entre ces deux mondes, de 1912 à aujourd’hui.

Des comics new-yorkais...

Découpée en cinq chapitres, riche de planches et de documents originaux, l’expo met particulièrement en valeur les auteurs américains. De jeunes immigrés juifs ont fait des Etats-Unis la patrie des comics, et des personnages comme Superman (créé en 1938) ou Batman (1939) deviennent des métaphores de l’intégration... Après la Shoah, les références au judaïsme deviennent plus marquées. Dans la lignée du Pacte avec Dieu, de Will Eisner, on assiste à la naissance des romans graphiques, où les auteurs racontent leur propre expérience de la guerre (Seules contre tous, de Miriam Katin) ou celle de leurs parents (J’étais un enfant de survivants de l’Holocauste, de Bernice Eisenstein). Consécration en 1992 : Maus, d’Art Spiegelman, est la première BD à remporter le prix Pulitzer.

... aux BD européennes
L’Europe figure dans le dernier chapitre de l’expo : un pan important est consacré à Joann Sfar et à son chef-d’œuvre poético-philosophique Le Chat du Rabbin, tout près des aquarelles d’Hugo Pratt et des planches d’auteurs moins connus. En sortant de l’expo, on reconnaît à ces auteurs un second point commun : l’exceptionnelle qualité de leurs travaux, destinés aux lecteurs de toutes confessions.