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Mis à jour 07-11-2007 08:17

Nouvelles règles du jeu

Pressée par Bruxelles de libéraliser les paris sportifs sur Internet, la France a tenté hier d’imposer sa vision de l’ouverture

4 milliards

C’est, en euros, le montant du marché des paris en ligne en Europe en 2006, selon Graham Wood, consultant en jeux. 

Les jeux sont faits, mais la France tentera jusqu’au bout de modifier les règles. Le ministre du Budget, Eric Woerth, et le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, ont défendu hier à Bruxelles la vision française d’une “ouverture maîtrisée” des paris sportifs en ligne. Après une rencontre avec le commissaire européen au marché intérieur, Charlie McCreevy, les deux hommes se sont montrés optimistes, déclarant espérer trouver d’ici à la fin mars 2008 un accord avec Bruxelles sur ce dossier. Mise en demeure par la Commission européenne de mettre fin aux monopoles du PMU et de la Française des Jeux, la France n’a plus le choix. Reste à s’entendre sur le processus : l’Hexagone tente de poser des garde-fous.

Des limites à l’ouverture
Eric Woerth a prévenu hier que Paris serait “très attentif” à une série de points. Car, avec l’arrivée d’acteurs étrangers sur son marché, la France craint des dérives : blanchiment, dans un secteur où les opérateurs sont le plus souvent basés dans des paradis fiscaux,  fraudes ou risques d’addiction. Elle redoute également qu’une ouverture trop brutale mette en danger la filière hippique, financée par le PMU.
Eric Woerth refuse donc  notamment qu’un opérateur autorisé dans un Etat membre soit automatiquement autorisé dans les autres. Il s’est également prononcé hier en faveur d’une amélioration de la réglementation contre les activités illégales de jeux d’argent préalable à la libéralisation du secteur.
Le bras de fer entre Paris et Bruxelles avait pris un relief particulier avec l’arrestation, le 22 octobre à Amsterdam, sur mandat de la justice française, du patron suédois de la société de paris en ligne Unibet, Petter Nylander, accusé d’infraction au monopole français sur les jeux. “C’est arrivé probablement à un moment pas très opportun”, a reconnu hier Eric Woerth.  “Mais, a-t-il ajouté, la justice en France est indépendante.” Paris est bien décidé à camper sur ses positions.   

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