Ordinateurs, téléphones mobiles, GPS, Internet… les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent apporter aujourd’hui une aide dans de nombreux domaines pour réduire l’impact de l’activité humaine sur la planète. L’enjeu est de faire en sorte que leur propre impact environnemental, plutôt lourd aujourd’hui, ne dépasse pas les avantages fournis.
Pour réfléchir à comment marier développement durable (DD) et TIC, l’Acidd (Association communication et information pour le développement durable) organise depuis trois ans le Forum TIC 21. L’édition 2007, centrée autour des thèmes de l’efficacité énergétique et du réchauffement climatique, s’est conclue à Valenciennes. Pendant deux jours de débats et d’échanges passionnants, chercheurs, professionnels, représentants des ONG et des collectivités locales ont apporté leurs contributions pour définir les enjeux et les axes d’action possibles.
Réduire les émissions de C02
Concernant l’écologie (un des trois piliers du concept de DD, les autres étant l’économie et la société), les TIC offrent notamment la possibilité de réduire les émissions de CO2 provenant des transports et des bâtiments. Ces deux secteurs représentent à eux seuls 50% des émissions de gaz à effet de serre. Pensons par exemple au télétravail, qui réduit les déplacements des employés, ou aux vidéoconférences, qui permettent à des personnes à l’autre bout du monde de participer à une même réunion sans besoin de prendre l’avion.
Pensons aussi à comment Internet facilite l’utilisation des transports en commun avec la possibilité de visualiser son itinéraire en ligne, de connaître les horaires en un click et ce 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dans le bâtiment, les TIC permettent déjà de gérer nos systèmes de chauffage, d’identifier les consommations en énergie et même de les réguler.
Les TIC, une menace ?
Tous ces outils existent déjà, mais ne sont pas suffisamment exploités. De plus, comme l’a rappelé Susan Binns, directrice de la direction générale Société de l’information et Médias de la Commission européenne, « il ne faut pas ignorer les menaces que les TIC peuvent représenter ». Elle avanceun exemple sans équivoque : en Chine, 81 millions d’ordinateurs ont été produits en 2005 avec une demande en énergie, avant même leur mise sur le marché, de 54 000 GWh (gigawatt-heure) : l’équivalent de la consommation de 11 millions de ménages européens en un an. Leur utilisation sera encore à l’origine d’une demande de 18 000 GWh… soit l’énergie consommée par presque 4 millions de ménages en un an. « Pour le moment, les TIC sont encore une part du problème et non pas la solution », a-t-elle conclu lors de la plénière de clôture.
Pour inverser cette tendance, les ateliers du pôle environnement se sont notamment penchés sur l’écoconception. Ce concept doit intégrer la totalité du cycle de vie d’un produit : de la recherche des matières premières aux systèmes de recyclage. La durée de vie et la consommation énergétique des appareils sont aussi à l’ordre du jour.
Mais Gilles Berhault, président de l’Acidd, soulève encore une autre question, plus sociologique que technique cette fois : notre rapport à la possession. « Est-ce qu’on a tous besoin d’un ordinateur, d’une imprimante, d’un téléphone portable… La crise environnementale est une contrainte forte, souligne-t-il, nous pourrons profiter des choix à faire ces prochaines années pour reconsidérer beaucoup de choses. Moi, j’y crois », affirme-t-il.
Il est encore tôt pour dresser un bilan de ce troisième forum TIC21, mais toutes les contributions seront mises en ligne d’ici à 15 jours sur le site www.acidd.com.




































