Peut-on dire que des écoliers français sont illettrés ?
Il n’est pas question de parler d’illettrisme à l’intérieur de l’école. Ça voudrait dire que l’école baisse les bras et ce n’est pas le cas. On sait que 65 000 jeunes par an sortent du système scolaire entre 16 et 18 ans en situation d’insécurité linguistique. Ils ne savent pas bien lire, ni bien écrire ni même bien argumenter. Ce sont des difficultés qu’on décèle déjà à 9 ans. 15 % des enfants passent de l’école élémentaire au collège dans un état de difficulté qui promet un vrai massacre.
Pourquoi en est-on arrivé là ?
C’est dû à la conjonction entre complaisance, on lui dit "vas y mon petit, on va pas te faire redoubler" et cruauté, puisqu’on les laisse passer alors qu’on sait qu’ils auront des problèmes. C’est aussi dû à une absence de vérification réelle des acquis et des insuffisances. Il faut afficher des exigences. Ça ne signifie pas rétablir l’examen à l’entrée de 6eme mais vérifier les acquis tout au long du parcours scolaire de l’enfant. Une vérification qui permettrait une remise à niveau individuelle tout au long du parcours scolaire. Bien sûr, cette mesure serait coûteuse.
Et les instituteurs dans tout ça ?
Ils ont leur part de responsabilité, bien sûr. Mais on a aussi totalement galvaudé leur formation, qui est trop théorique. On ne leur apprend plus à faire la classe. C’est plus important que le débat sur les méthodes d’apprentissage employées, globale ou syllabique, même si j’ai une nette préférence pour la seconde, qui met en relation les lettres et les sons.
Pensez-vous que les enfants de primaire étudient trop de matières ?
Il est clair qu’il y a un éparpillement. Il faut redéfinir des priorités. Quand un enfant sort de l’école élémentaire, il doit savoir lire correctement, s’exprimer correctement à l ‘écrit et être capable de défendre son point de vue. C’est essentiel.


































