Mis à jour 23-10-2007 12:42
“Mauroy, un patriarche rond et consensuel”
Marc Prévost, auteur du livre “Le Petit Théâtre de Pierre Mauroy.” Interview.

Photo : M.P./Metro
Le livre
“Le petit théâtre de Pierre Mauroy.” Editions des lumières de Lille.
Quel bilan peut-on faire de ses presque quarante années de pouvoir ?
Pierre Mauroy n’a pas changé, mais il a réussi à faire changer la ville. Tout au long de ces années, il a su rester un patriarche rond et consensuel. Un empereur du Nord qui a mis en place un véritable système féodal, frisant parfois le clientélisme, entre allégeances, adoubements et hommages.
Peut-on définir le style de Pierre Mauroy ?
C’est un bel animal politique qui tire sa longévité d’une intelligence intuitive hors du commun, l’antithèse du style plus technocratique de Martine Aubry. Ses choix s’inscrivent pratiquement toujours dans le bon timing et s’appuient sur des symboles forts (rénovation du Vieux-Lille, TGV, Euralille…). Mais, pour cela il a pris quelques risques qui auraient
pu couter cher.
Lesquels ?
Dans un mauvais contexte économique, Pierre Mauroy a pris un risque important avec le pari d’Euralille. Financé par des fonds publics, cela aurait pu être la Berézina ! Etait-il raisonnable de faire prendre un tel risque à la communauté urbaine ? Heureusement, la croissance écono
mique est revenue au bon moment. Reste que la contrepartie de ces paris sont des impôts encore très élevés aujourd’hui.
Pierre Mauroy a-t-il préparé sa succession ?
Evoquer sa succession pour un patriarche, c’est mourir vivant. Il restera encore trois ans au Sénat et continuera à tirer ses ficelles de marionnettiste encore quelque temps. Martine Aubry n’est pas vraiment sa dauphine car elle n’a jamais été son disciple. De plus, elle ne faisait pas partie du sérail nordiste, c'est pour cela qu'à Lille, elle a dû créer son propre clan.






