Comme beaucoup, il n’a pas échappé à la Bruelmania, au World Poker Tour et au Texas Holdem. Lui, c’est Cyril Léger, 24 ans, étudiant à Bordeaux en physique chimie et président du Saint-Aubin Poker Club (SAPC). Passionné par le poker depuis deux ans, il vient de signer une performance de choix cet été, en Lituanie, en remportant l’un des tournois où il avait été convié. “Via le site Poker News, je me suis qualifié pour des tournois Internet. J’ai gagné, et j’ai fait partie des quelques chanceux qui ont bénéficié d’une semaine tous frais payés.”
Cyril garde un bon souvenir de cette semaine où il a joué 26 heures de poker en quatre jours : “J’ai été accueilli dans des hôtels quatre étoiles et j’ai gagné un des quatre tournois où j’avais un droit d’entrée. Il m’a fallu un peu de réussite. J’ai remporté 3 500 euros.”
Le club qu’il a créé il y a tout juste un an avec Thomas Verbecke, le SAPC, compte désormais 285 adhérents et 460 sympathisants, qui s’affrontent lors des parties du vendredi. Mais dans le respect de la loi : “En janvier, les renseignements généraux ont appelé pour signaler que nous étions peut-être à la limite de la légalité. Mais nous ne jouons pas d’argent. Nous n’avons plus eu de pression par la suite”, confie Cyril, qui fait fonctionner son club sans subvention, mais avec l’aide d’entreprises.
Attention à l’addiction
Cyril, dans son plan de jeu, ne laisse pas de place pour les fioritures : “Je n’ai pas de grigri, pas de main fétiche, pas de lunettes noires.” Et il suit quelques lignes directrices : “Il faut être patient et avoir de la rigueur dans la gestion des ‘mains’, être capable d’en jeter une bonne, éviter la curiosité. Il faut aussi choisir les tournois. Au-delà de 700 joueurs, c’est de la loterie.” Selon lui, le facteur chance est indéniable. Il tempère : “On peut être un très, très bon joueur de poker, mais la part de réussite compte beaucoup. Et moins on joue bien, plus la chance est importante.”
En bon président, il met aussi en garde : “Il faut se discipliner et ne pas faire que ça. Autour de moi, des gens frisent l’addiction. Je connais un joueur qui venait aux débuts du club et qui a quitté son job pour le poker. ça s’est bien passé au début, mais les dernières nouvelles ne sont pas vraiment bonnes…”
Alors, pour prendre du plaisir au poker et gagner comme Cyril, il faut surtout jouer avec patience, rigueur et… raison.


































