L'iPhone contiendrait de nombreuses substances dangereuses pour la santé et l'environnement, d'après un rapport publié lundi par l'organisation écologique Greenpeace. Un test commandé à un laboratoire scientifique britannique a révélé la présence de matériaux toxiques dans le téléphone multifonctions d'Apple, comme des composés bromés ou des phtalates.

D'après les analyses réalisées, le brome constitue environ 10% du poids total du circuit imprimé flexible de l'antenne de l'appareil. "La présence en fortes proportions de brome dans les composants électroniques soulève des préoccupations liées à l'élimination ou au recyclage de l'iPhone une fois obsolète" explique Greenpeace dans un communiqué.

Le casque vendu avec l'iPhone contiendrait pour sa part un mélange d'esters de phtalates. Ces plastifiants toxiques utilisés pour assouplir certains objets, peuvent affecter le développement sexuel chez l'homme. Ils sont d'ailleurs bannis de tous les jouets ou articles de puériculture en Europe.

L'autre carton rouge adressé à Apple concerne la batterie de l'iPhone. Greenpeace dénonce le fait que celle-ci soit soudée au combiné. Cette disposition très critiquée par l'organisation rendrait le recyclage ou l'élimination de la batterie de l'iPhone plus difficile.

C'est la troisième fois que Greenpeace procède à des analyses de produits Apple depuis 2006. Récemment, des tests menés sur un ordinateur MacBook Pro et un iPod Nano ont révélé la présence de retardateurs de flamme bromés et de PVC dans certains composants. Les résultats avaient d'ailleurs relégué Apple au dernier rang du baromètre écologique des marques high-tech réalisé par Greenpeace.

En mai 2007, le fabricant californien avait réagi aux attaques de Greenpeace en lançant le plan "A Greener Apple" ("Un Apple plus vert"), visant à réduire la présence de produits polluants et toxiques de ses appareils.

"Steve Jobs a manqué l'appel pour faire, avec l'iPhone, ses premiers pas vers des produits Apple plus vert" a commenté Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxiques de Greenpeace International. "Apple ne semble pas donner les gages attendus d'un leadership environnemental dans l'industrie électronique alors que ses concurrents comme Nokia vendent déjà des portables exempts de PVC" a-t-il ajouté.