Le principe de la trame verte repose sur une idée (assez récente) qui consiste à relier les espaces sensibles ou protégés afin de permettre une mobilité des espèces. Durant longtemps, nous avons considéré comme prioritaire la protection des sites les plus remarquables en terme de biodiversité. C’est ainsi que se sont peu à peu implantés les parcs nationaux, les réserves naturelles ou les parcs naturels régionaux, les sites dits « Natura 2000 » venant s’ajouter à ces territoires.
Mais, un constat s’est imposé : il ne suffisait plus de préserver, il convenait de « faire vivre » . Or, en conservant la nature sous cloche, on limitait les possibilités d’épanouissement et de durabilité, d’où cette nouvelle stratégie de « trame verte ». Cette dernière s’impose d’autant plus que le réchauffement risque de modifier sensiblement le périmètre des sites protégés. En clair, ce qui est judicieux aujourd’hui ne le sera plus forcément demain. En « maillant » les sites, on s’offre ainsi une mouvance potentielle pour le futur.
À noter que
l’idée des "corridors biologiques" fait déjà son chemin. Elle
est même mise en œuvre dans des villes comme Grenoble et a démontré
combien elle favorisait l’épanouissement du "vivant".
Est-ce qu'il
a urgence à la mettre en oeuvre ?
Chaque année,
plus de 600 000 hectares de terrains naturels sont transformés en routes,
habitations et autres zones d’activité. Cela représente l’équivalent
d’un département français entièrement bétonné ou goudronné tous
les 10 ans.
Il y a donc urgence
à maîtriser l’emprise d’autant que nous nous sommes engagés (avec
les 26 de l’Union Européenne) à stopper la perte de la biodiversité
d’ici 2010. Dans le cadre du Grenelle, France Nature Environnement
propose de mettre en œuvre les trames vertes dans les régions, sur
une période allant de 2009 à 2012. Il semble que les acteurs du Grenelle
soient globalement favorables à cette démarche. Seules les collectivités
territoriales mettent un bémol en interrogeant : qui va payer ? Question
légitime …
Il s'agit
d'une mesure consensuelle dans son ensemble, mais la FNSEA et l'APCA
s'opposent à ce que la trame verte soit considérée comme une infrastructure
opposable…
Considérer la
trame verte comme une mesure "opposable" signifie que, en cas d’aménagement
conflictuel, la biodiversité pourrait se montrer plus puissante que
les promoteurs. Il est certain que cela bouscule les (mauvaises !) habitudes.
À travers cette proposition, nous vivons de manière concrète la réalité du Grenelle. Les grands principes de bonne gouvernance environnementale font l’unanimité mais, dès qu’il s’agit de concrétiser, les intérêts particuliers reprennent le pouvoir. Le Grenelle est un projet d’avenir, il convient désormais de savoir si oui ou non nous acceptons "la rupture" pour un bien-être …. durable !



































