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Mis à jour 06-10-2007 09:29

Femme scientifique : Marjolaine Vareille

Doctorante en microbiologie-immunologie, elle est l'une des lauréates des bourses L'Oréal France lancées sous l'égide de la Fondation L'Oréal - Commission française Unesco-Académie des sciences.

Femme scientifique : Marjolaine Vareille

Son sujet de recherche

« Escherichia coli entérohémorragique » (EHEC) est une bactérie qui libère dans l’organisme une toxine pouvant entraîner une maladie grave, le syndrome hémolytique et urémique (SHU) dont le pronostic peut être vital chez l’enfant. Cette bactérie attaque le corps humain suite à une intoxication alimentaire : elle provient le plus souvent de la consommation de fromages au lait cru, de légumes contaminés et principalement de l’ingestion de viande contaminée, ce qui, depuis une importante épidémie en France en 2005 causée par des steaks hachés, a valu au SHU le surnom de « maladie du hamburger ». Marjolaine a démontré que, pour se défendre de cette infection, l’organisme répond en produisant du monoxyde d’azote qui inhibe la produc tion de toxines. Mais elle a aussi trouvé que les EHEC réussissent à leur tour à inhiber la production de monoxyde d’azote, laissant le corps sans défense. Aujour - d’hui, Marjolaine travaille sur l’interaction dans l’orga nisme entre les EHEC et le mono - xyde d’azote : quelle est la mo - lécule que libère la bactérie qui inhibe le monoxyde d’azote et empêche le corps de se défendre ?

A quoi ça sert ?

Les recherches de Mar jo laine pourraient permettre de trouver un traitement contre le SHU… « J’espère que mon travail permettra d’envisager de nouvelles approches thérapeutiques contre le SHU, maladie pour laquelle il n’existe aucun traitement ».

Moi, jeune chercheuse

« Toute la journée, j’analyse des protéines, des bactéries… ». Des expériences qui exigent la plus grande prudence car la bactérie manipulée est extrêmement dangereuse pour l’homme. Pour effectuer ses recherches, Marjolaine travaille dans un laboratoire confiné avec des règles de sécurité très strictes. C’est un travail parfois contraignant. « Ce n’est pas la vie de bureau. Tant pis si ça tombe un dimanche ou un jour férié. En fait, je vis au rythme de mes expériences et de mes bactéries ! ». Contrai gnant mais passionnant. La recherche en microbiologie apporte à Marjolaine une grande confiance en l’avenir. « Maintenant, je sais vraiment ce que je veux faire plus tard ».

Une vocation ?

« Ce sont mes professeurs enseignants-chercheurs qui m’ont pendant l’IUT transmis leur passion pour la microbiologie ». Pour Marjolaine, c’est le déclic. Les stages en laboratoire ne feront que confirmer son intérêt pour le sujet et pour la recherche. Enthousiaste, elle explique que ce qu’offre la recherche, on ne le trouve pas ailleurs. Il n’y a jamais de routine. « On cherche, on trouve quelque chose et on se dit “on y va”, on explore la piste ». La recherche, c’est la liberté d’essayer, d’aller toujours plus loin.

Son projet de carrière

Pour continuer dans la recherche, Marjolaine veut poursuivre sa thèse par un post-doc. Elle vise le laboratoire du Pr. Wilson à l’Uni versité de médecine de Nashville, une référence dans son domaine. Elle compte passer les concours de chargé de recherche pour devenir chercheur en microbiologie dans l’un des grands Instituts publics que sont le CNRS, l’INSERM ou l’INRA. Marjolaine sait que les concours sont durs, mais elle veut y arriver. « Je veux devenir chercheur ».

Un rêve ?

« Etre reconnue en tant que chercheur ». Marjolaine a toujours rêvé de marcher sur les traces de Louis Pasteur et aimerait tant découvrir une nouvelle molécule qui permette de soigner les gens. « Je ne veux pas être un chercheur en autarcie. C’est essentiel pour moi qu’il y ait une visée humaniste à mon projet ».

A quoi va te servir la bourse ?

La bourse va permettre à Marjolaine de réaliser deux de ses projets. Le premier, son postdoctorat aux Etats-Unis, étape essentielle pour pouvoir, par la suite, se présenter au concours de chargé de recherche en France. Une partie de la bourse lui servira en effet à couvrir les frais matériels et pratiques (billet d’avion, location d’un appartement, voiture…). Son deuxième projet serait de financer un voyage et une inscription au Congrès Inter - national de la ’NO Society’, congrès regroupant les plus grands spécialistes du monoxyde d’azote (NO) qui a lieu en 2008 à Bregenz en Autriche.

D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?

« Il y a une condition : il faut être motivé, passionné, parce qu’il y a des contraintes et que c’est parfois dur. Mais sinon, il ne faut pas hésiter, il faut foncer. La science, la recherche, ça ne doit pas faire peur ! ». Marjolaine se souvient qu’au collège, on ne la voyait faire qu’un CAP. Même chose au lycée, où on lui conseillait un BTS. « C’est vrai que j’étais nulle en maths et en physique. Mais j’ai toujours compensé avec la biologie, je me suis accrochée et finalement, j’ai réussi ! ».

Les femmes & la science ?

Pour Marjolaine, la seule chose qui peut distinguer les chercheurs, c’est leur degré de motivation !

Femmes et scientifiques

Marjolaine Vareille, 24 ans, est doctorante en microbiologie-immunologie à l’université d’Auvergne, Clermont-Ferrand
Elle est titulaire d’un diplôme d’ingénieur-maître en ingénierie de la santé (université de Montpellier I) et d’un DEA de biologie-santé (université de Montpellier II)

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