Son sujet de recherche
Les nanoparticules ne mesurent pas plus d’un milliardième de mètre. A cette échelle, elles possèdent des propriétés qui ouvrent de nombreuses perspectives, notamment en électronique, en physique, en chimie, en biologie ou en médecine. Mais encore faut-il pouvoir en maîtriser l’organisation, trouver une méthode contrôlée et reproductible, s’appliquant à tout type de nanoparticules, et qui permette de les assembler de manière définie sur une large surface.
C’est ce à quoi travaille Gaëlle. Elle étudie l’agencement des nanoparticules déposées sur un solide à partir de « bulles de savons ». La bulle, stabilisée par des molécules tensio-actives (par exemple, les savons), est structurée à toute petite échelle, et peut servir à assembler des nanoparticules. Leur organisation est ensuite étudiée par diverses techniques expérimentales.
A quoi ça sert ?
Ce processus original permet d’envisager des applications aussi variées que celles des nanoparticules : maîtriser l’organisation des nanoparticules permet de leur donner une fonction en chimie, en physique, en optique, en électronique… Par exemple, on pourrait à partir de nanoparticules d’or ou d’argent dont on décide de l’agencement, fabriquer des connexions électroniques, fabriquer des détecteurs chimiques ou biologiques…
Moi, Gaëlle, jeune chercheuse
Les nanoparticules se trouvent sous forme de poudre ou de solutions diverses. Pour les étudier, Gaëlle doit réaliser des préparations spécifiques à base de nanoparticules et de tensio-actifs (« savons ») bien choisis. Avec beaucoup d’humour, elle dit que finalement, il y a des jours où son travail consiste « à fabriquer des bulles ! ». Une recherche qui plus sérieusement lui apporte beaucoup. « Parce qu’il m’a fallu lire toute la littérature disponible sur le sujet et apprendre de nouvelles techni ques expérimentales ». Sur un plan personnel aussi. « J’ai encadré plusieurs stagiaires… ça a été une expérience de management très profitable ! ». La recherche met les qualités personnelles à l’épreuve. Il faut savoir être innovante tout en restant rigoureuse. « C’est un enrichissement personnel énorme. Je ne sais pas si on peut découvrir autant de choses dès la première expérience dans d’autres métiers ».
Une vocation ?
« Je ne sais pas si on peut vraiment parler de vocation… ». Gaëlle, très bonne élève, passe un bac S et intègre les classes préparatoires scientifiques. C’est à ce moment qu’elle réalise que le sujet qui l’intéresse vraiment dans les sciences, c’est l’interface entre la physique et la chimie, la « physico-chimie ». Et c’est plus tard encore, lors d’un stage qu’elle effectue aux Etats-Unis qu’elle précise son projet : « Là, je me suis vraiment rendue compte que ce que je voulais faire, c’était de la recherche ».
Son projet de carrière
« Je sais que je ne ferai probablement pas de la recherche fondamentale toute ma vie. Je veux aussi voir l’application de mes recherches ». Aussi Gaëlle ne vise-t-elle pas la recherche publique mais plutôt le secteur privé. Pourquoi pas le pôle R&D d’une entreprise pharmaceutique ou de chimie. « Le cadre privé, c’est aussi avoir la possibilité de gérer ma carrière comme je le veux ».
Un rêve ?
« J’espère avoir toute ma vie le même intérêt et le même plaisir dans mon travail. Je veux un travail qui m’épanouisse ».
A quoi va te servir la bourse ?
La bourse va permettre à Gaëlle de participer à des congrès d’envergure internationale afin d’augmenter la visibilité de ses travaux de thèse, de lier connaissance avec les acteurs de la recherche dans son domaine et d’y rencontrer de futurs employeurs. Dans le même temps, elle envisage de visiter les laboratoires de recherche industriels situés dans les pays organisateurs afin d’en découvrir les centres d’intérêt et les spécialisations (pharmaceutique, matériaux pour l’informatique, prospection pétrolière…) et dans le but de nouer différents contacts pour trouver le « job idéal ».
D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?
Gaëlle rappelle que la recherche n’est pas toujours une voie facile. « Parce que parfois, souvent même, on n’obtient aucun résultat. Il faut avoir beaucoup de patience, savoir ne pas se décourager ». Elle conseille de ne pas s’y aventurer sans une solide formation scientifique. Mais sans se laisser rebuter pour autant car « la science peut aussi se comprendre en des termes très simples ».
Les femmes & la science ?
C’est principalement un problème de mentalités. Parce que les femmes n’osent pas toujours se diriger vers des études réputées difficiles ou parce que la société continue à orienter vers les filières scientifiques, et plus généralement prestigieuses, les garçons. Mais dans la réalité, ce n’est pas un sujet d’inquiétude. « Les
femmes ont évidemment autant de capacités en science. Et puis c’est même assez agréable d’être une femme scientifique… on est parfois un peu chouchoutée ! ».




































