“Cette loi gâche de réelles opportunités d’embauche.”Angela, commerçante

“Cette loi ne changerait rien, on est toujours ouvert !”  ironise Emilien, responsable chez un grand opticien de la plus célèbre avenue de Paris. Les commerces riverains ne semblent pas tenir compte des restrictions imposées par la loi de 1906 sur le travail dominical. Les contrevenants s’exposent pourtant théoriquement à des astreintes financières, mais “cela fait plusieurs années qu’on n’en a pas vu la couleur”, assure Emilien.

Transgression généralisée

La fréquentation touristique des Champs-Elysées est une manne à exploiter. Certains salariés n’ont pas l’air de s’en plaindre. “On se relaie en travaillant un à deux diman-ches par mois pour que tout le monde puisse en profiter”, explique Anthony, employé du même magasin. Et pour cause, le travail dominical est doublement rémunéré.
Beaucoup de salariés employés aux abords de l’avenue font partie du comité des Champs-Elysées, un collectif réunissant 165 commerçants et sociétés favorables à l’ouverture le dimanche. “Ce jour représente environ 20 à 30% de notre chiffre d’affaires, donc on fait le forcing pour s’exonérer de la loi”, explique Jérôme, manager dans une boutique de maroquinerie. “Ouvrir le dimanche me permet d’employer quatre ou cinq étudiants, affirme Angela, responsable d’une parfumerie.  Cette loi gâche de réelles opportunités d’embauches.”
Pour contourner la loi, certains n’hésitent pas à créer des espaces culturels, sésame pour bénéficier d’une dérogation préfectorale. Dernier exemple en date, celui de Louis Vuitton. La cour administrative d’appel de Paris a estimé que les 400 mètres carrés consacrés aux expositions artistiques autorisaient l’ouverture dominicale.