Son sujet de recherche
Le cadmium est un métal rejeté naturellement (par l’usure des roches, lors des feux de forêt…) mais surtout par nos activités industrielles et agricoles. Très concentré dans la fumée de cigarette, on le retrouve notamment dans les engrais de synthèse ou les rejets des industries sidérurgiques et pétrolières. Le cadmium est absorbé par l’homme soit par inhalation, soit par la consommation des aliments une fois qu’il est infiltré dans les sols cultivés. Or ce métal est très nocif pour l’organisme humain : sa cancérogénicité a été démontrée. La dépollution des sols « cadmiés » est donc essentielle. Et c’est ici qu’intervient la recherche d’Angélique. Il a été prouvé que les plantes pouvaient absorber le cadmium. Il s’agit maintenant de trouver comment elles pourraient en assimiler plus que la normale. Plus précisément, Angélique étudie le rôle d’une molécule impliquée dans l’accumulation du cadmium par les plantes : le monoxyde d’azote.
A quoi ça sert ?
Les travaux d’Angé lique peuvent avoir à terme des applications concrètes : en comprenant comment le monoxyde d’azote participe à l’acquisition du cadmium par les plantes, Angélique peut aider à lutter plus efficacement contre les problèmes de pollution liés à ce métal.
Moi, Angélique, jeune chercheuse
« Au moins une fois par jour, le matin ou l’aprèsmidi, je réalise une expérience ». En laboratoire, Angélique manipule et observe les cellules végétales qu’elle a auparavant prélevées. Un travail expérimental qui s’accompagne de toute l’analyse nécessaire : pour penser l’expérience, pour en tirer toutes les conclusions et surtout pour anticiper l’expérience suivante qui doit creuser la même voie… ou en emprunter une autre ! La recherche lui a déjà appris beaucoup : poser un problème, des hypothèses, planifier une expérience, trouver des alternatives… c’est une véritable école de rigueur et d’autonomie. Angélique a beaucoup lu aussi, parce que le travail de thèse ne se fait pas sans l’appropriation de toute la littérature sur son sujet. C’est au final beaucoup d’heures de travail mais surtout un grand apprentissage sur soi-même.
Une vocation ?
« Je ne me suis pas dit au collège ou au lycée que j’allais faire de la recherche. C’est venu naturellement ». Après le bac, Angélique s’oriente vers les matières scientifiques mais elle hésite encore : pharmacie, médecine… ? Finalement, ça sera la biologie. Malgré les mauvais échos qu’elle peut en avoir, elle choisit d’étudier à la faculté et c’est là qu’Angélique précise son projet. Les professeurs ont eu un rôle capital dans son orientation : « ils m’ont fait accrocher et m’ont très bien conseillée ». Dans leur sillage, Angélique décide qu’elle fera de la recherche en biochimie.
Son projet de carrière
Angélique compte continuer la recherche en biochimie. Si l’opportunité se présente, elle voudrait devenir maître de conférences. Elle exerce parallèlement à sa thèse un monitorat d’initiation à l’enseignement supérieur, à l’Uni - versité de Bourgogne, et apprécie énormément cette activité professorale. Elle considère surtout que l’enseignement est essentiel à la recherche : « la confrontation avec les étudiants est très importante pour un chercheur. Ça l’oblige à se mettre toujours à la page. Je pense que c’est un véritable moteur ». Sinon, Angélique voudrait tenter la recherche dans le secteur privé, dans le pôle R&D d’une entreprise pharmaceutique par exemple. « Ça ne doit pas être la même mentalité, une autre façon de voir la recherche. J’aimerais bien essayer ».
Un rêve ?
« Faire une belle carrière ». Pour Angélique, un souhait qui rime avec l’intégration dans un bon laboratoire et le fait de diriger une équipe.
A quoi va te servir la bourse ?
La bourse va permettre à Angélique de financer les travaux de sa dernière année de thèse en particulier l’organisation de diverses analyses pour aller plus loin dans la compréhension des mécanismes permettant l’absorption par les plantes du cadmium et d’autres métaux toxiques. Elle lui permettra également de louer des espaces contrôlés dans les serres pour les plantes et de traiter des déchets liquides et solides contaminés par le cadmium lors des expériences.
D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?
La bourse va permettre entre autres à Angélique de valoriser son travail en l’exposant lors de congrès internationaux, de participer à un stage de collaboration avec une autre équipe pour se former à de nouvelles techniques ou encore de financer du matériel informatique pour analyser les données collectées lors de ses recherches.
Les femmes & la science ?
« Je suis très bien intégrée dans mon équipe. D’ailleurs, on est une majorité de femmes mais c’est parce que je travaille en Biochimie et Biologie ». Les femmes sont moins atti rées par les sciences « dures » et il y a des domaines de recherche où elles sont effectivement en minorité, en physique par exemple. « Mais c’est en train de changer ! ».









































