Son sujet de recherche
Un versant rocheux est, en surface, découpé en blocs qui peuvent glisser, avec un risque immédiat pour les infrastructures humaines environnantes. Sur le site expérimental qu’étudie Cécile, les Rochers de Valabres dans les Alpes-Maritimes, il y a ainsi déjà eu deux éboulements. L’INERIS, l’Institut National de l’Envi ronnement Industriel et des Risques, en partenariat avec le LAEGO, a implanté sur ce versant des dispositifs d’auscultation. Cécile analyse et interprète les mesures collectées par ces dispositifs et étudie, en particulier, l’influence des cycles de température sur le phénomène de déformation du versant rocheux. En analysant cet effet, elle cherche à quantifier le phénomène et à évaluer la pertinence des dispositifs de surveillance.
A quoi ça sert ?
Les travaux de Cécile fourniront à la communauté scientifique des résultats quantifiés sur l’impact des variations thermiques. Ils permettront aussi d’améliorer de futurs systèmes de surveillance des versants rocheux pour les déployer éventuellement sur d’autres mas sifs. A terme, la recherche de Cécile peut aider à renforcer les dispositifs d’alerte pour mieux protéger les populations.
Moi, Cécile, jeune chercheuse
Cécile partage son temps entre le terrain, le bureau et le laboratoire. « Je vais sur le site pour intervenir sur les instruments de mesure, faire des photos, relever les données, les fractures et la topographie ». Un terrain qui nécessite une implication physique toute particulière… Les capteurs étant installés dans des zones de montagne accidentées, c’est souvent encordée que Cécile intervient sur son site ! En laboratoire, elle teste ses résultats et hypothèses avec des cuves et des fours pour chauffer la roche ! Grâce à ce travail de recherche, Cécile a acquis de nouvelles compétences scien tifiques : la thermomécanique, la manipulation des instruments de mesure, le fonctionnement des logiciels de calcul. Mais c’est aussi un apprentissage sur elle-même : mener un projet sur le terrain, communiquer avec les différents laboratoires… Et puis Cécile doit aussi parler en public et en anglais pour présenter ses travaux. « Mon article a été accepté pour un congrès en Chine. Grâce à la bourse L’Oréal, je vais pouvoir aller sur place pour le présenter et le défendre. J’irai également découvrir les glissements de terrain chinois ! ».
Une vocation ?
Cécile a d’abord passé un diplôme d’ingénieur en géophysique. C’est ainsi qu’elle se retrouve pendant un an jeune ingénieur à l’INERIS, notamment en charge des travaux d’installation des dispositifs de mesure. « C’est là que je me suis rendue compte que la recherche m’attirait. Ce que j’aime dans les sciences, c’est vraiment la recherche qui me l’apporte ! ».
Son projet de carrière
Cécile veut poursuivre dans la voie de la recherche appliquée. Soit comme ingénieur-chercheur soit comme maître de conférences en poursuivant en parallèle ses travaux de recherche.
Un rêve ?
« Que mes recherches soient utiles à la collectivité ! ». Quand elle se projette, Cécile espère faire de la recherche appliquée avec toujours le même plaisir. Et si possible en voyageant !
Cécile, à quoi va te servir la bourse ?
La bourse va permettre à Cécile de financer plusieurs déplacements importants pour la suite de sa carrière : mis à part le congrès en Chine, un séjour à l’université de Bratislava en Slovaquie dont les travaux de recherche sont proches des siens. La bourse va aussi lui permettre de financer une formation aux « travaux acrobatiques », compétence nécessaire, étant donné le terrain accidenté sur lequel elle travaille !
D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?
Il faut se lancer. « La science, c’est passionnant ! Il y a une vraie diversité des sujets, une grande liberté d’organisation, une ambiance souvent très conviviale dans les équipes. Et puis la filière n’est pas fermée : on cherche souvent de jeunes doctorantes et doctorants ». Mais Cécile rappelle aussi qu’il faut avoir beaucoup de rigueur personnelle pour mener un travail de recherche.
Les femmes & la science ?
« Pour moi, ce n’est vraiment pas un problème. C’est vrai que mon milieu, la géologie, est très masculin mais ça se féminise depuis ma génération ». Cécile constate que très souvent, les filles qui s’engagent dans la voie scientifique n’optent pas pour les mathématiques ou la physique, mais plutôt pour les sciences naturelles… « Peut-être parce qu’elles ont plus besoin de concret ? ».« Et puis, dans mon laboratoire, d’autres femmes ont déjà fait leurs preuves avant moi. D’ailleurs, mon directeur de thèse est une directrice… ».










































