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Mis à jour 02-10-2007 07:28

Femme scientifique : Estelle Piot

Doctorante en mécanique des fluides, elle est l'une des lauréates des bourses L'Oréal France lancées sous l'égide de la Fondation L'Oréal - Commission française Unesco-Académie des sciences.

Femme scientifique : Estelle Piot

Son sujet de recherche

Une voie technique possible pour diminuer la consommation des avions en carburant consiste à minimiser leurs frottements dans l’air. L’im portance de ces frottements est directement liée aux propriétés de l’air qui s’écoule autour de l’aile. La résistance d’un avion est en effet d’autant plus forte que, à partir d’un certain moment, l’air proche de la voilure « transitionne » : il devient « turbulent ». Il s’agit donc de retarder au maximum ce phénomène. De récentes études ont montré que de très petites rugosités sur l’aile, selon un certain agencement, pouvaient y contribuer. C’est précisément le sujet de recherche d’Estelle : comment faut-il disposer les microrugosités sur l’aile afin de diminuer la résistance des avions à l’air ?

A quoi ça sert ?

« A fabriquer des avions qui consomment moins ! ». Les recher ches d’Estelle pourraient être appliquées dans le domaine aéro spatial car ses résultats peuvent avoir des conséquences industrielles essentielles.

Moi, Estelle, jeune chercheuse

Etant données les dimensions de son sujet d’étude, Estelle travaille essentiellement sur ordinateur. A l’aide de simulations numériques, elle modélise l’aile de l’avion, l’écoulement de l’air et les microrugosités. « Parfois, il nous faut créer nous-mêmes les logiciels de calculs ». Un travail qui lui a déjà appris beaucoup. L’autonomie, parce qu’une fois que le chercheur choisit son sujet, il est seul pour le défricher et l’amener à son terme. « Il faut être optimiste et patient. Ça demande beaucoup d’humilité. Finalement cette thèse, c’est un peu comme un défi ». Estelle souligne aussi l’ouverture internationale que lui apporte la recherche. Un chercheur n’est jamais seul, il échange beaucoup avec d’autres unités de recherche dans le monde. Les conférences, notamment, sont des moments essentiels de confrontation avec d’autres horizons qui enrichissent beaucoup et permettent de faire avancer ses travaux.

Une vocation ?

« J’ai toujours aimé la science et je me suis spécialisée pendant mes études en mécanique des fluides ». Estelle est diplômée de l’Ecole Polytechnique et de Supaéro, des voies royales pour intégrer des postes d’ingénieur de haut niveau. Mais c’est vers la recherche qu’elle préfère se tourner. « Dans la recherche, il n’y a pas de traintrain, et puis c’est très exigeant parce qu’il faut tracer son chemin soi-même. Ça me permet de continuer à me dépasser et à apprendre sur moi-même ». Estelle revendique aussi une conviction d’intérêt général : « c’est important qu’il y ait des gens qui fassent de la recherche et du développement dans un pays ! ».

Son projet de carrière

Estelle veut poursuivre sa carrière dans la recherche, mais plus proche du développement, comme ingénieur-chercheur. « Pour que je vois l’application de mes recherches plutôt à 5 ans qu’à 20 ! ». Un projet qui doit l’amener à travailler avec des industriels pour trouver des solutions techniques.

Un rêve ?

« Je voudrais que mes connaissances trouvent une application dans le champ des éoliennes, pour en faire de véritables solutions d’énergie propre, efficace et compétitive ».

A quoi va te servir la bourse ?

La bourse va permettre à Estelle de financer sa participation à des conférences internatio nales (aux USA et en Grande-Bretagne) qui lui permettra de présenter ses travaux à la communauté scientifique, et de rencontrer d’autres chercheurs travaillant sur un sujet proche. La bourse va aussi lui permettre de faire un séjour dans le laboratoire du Pr Saric à l’université du Texas (TAMU) et de passer quelques semaines au sein du laboratoire du Pr Henningson à l’université KTH de Stock holm, des équipes qui sont aujourd’hui à la pointe dans son domaine. Autant d’opportunités de faire avancer sa thèse sur de nouvelles voies prometteuses.

D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?

Pour Estelle, il suffit d’oser. « Si on aime la science, il ne faut pas se mettre de barrière là où la société en met déjà parfois ». Et puis la recherche laisse le temps de se décider. « C’est comme un entonnoir inversé, on s’oriente au fur et à mesure ».

 Les femmes & la science ?

« Pour moi, c’est une évidence. C’est comme si on se posait la question des femmes et du jardinage ou de je ne sais quoi d’autre. Il n’y a priori aucune raison de distinguer la femme de l’homme dans son rapport à la science ». Si les femmes se dirigent moins vers les carrières scientifiques, ce n’est qu’une question de représentation sociale.

Dossier Femmes et scientifiques

Estelle Piot, 25 ans, est doctorante en mécanique des fluides à l’ONERA, l’Office National d’Études et de Recherche Aéronautique, Toulouse.

Elle est diplômée de l’Ecole Polytechnique et de Supaéro (ENSAE, Toulouse).

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