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Mis à jour 02-10-2007 07:07

Femme scientifique : Katharina Breme

Doctorante en chimie analytique, , elle est l'une des lauréates des bourses L'Oréal France lancées sous l'égide de la Fondation L'Oréal - Commission française Unesco-Académie des sciences.

Femme scientifique : Katharina Breme

Son sujet de recherche

Le parfumeur compose des odeurs en sachant   quelles matières premières il doit mélanger pour obtenir telle ou telle senteur. Katharina fait le travail inverse. Elle décompose le mélange, remonte à ses premiers constituants, des molécules « volatiles », pour chercher ce qui constitue l’odeur. Et plus précisément, elle tente d’identifier des molécules qui ont un « fort impact olfactif », comme les molécules « azotées » ou « soufrées » : des molécules qui sont en infime quantité dans un mélange mais influencent l’odeur globale d’une façon déterminante.

A quoi ça sert ?

Hormis le développement de méthodes analytiques pour l’étude d’extraits naturels (p.e. huiles essentielles de plantes…) et de leurs constituants odorants, la recher che de Katharina peut également trouver son ap plication dans l’industrie des arômes et parfums ; la découverte d’une nouvelle molécule aromatisante ou la déter mination des composés consti tuant une odeur précise seraient déterminantes. Les travaux de Katharina pourraient aussi intervenir dans le contrôle qualité des processus de fabrication industrielle. Pour notam ment remonter la chaîne de production d’un produit et détecter quelle molécule causerait une odeur déplaisante pour les consommateurs.

Moi, Katharina, jeune chercheuse

L’essentiel du travail de Katharina repose sur l’expérience. Mais le propre des molécules qu’elle étudie est d’être présentes dans un mélange en une si infime quantité que les techniques conventionnelles ne permettent pas de les déceler. Katharina doit donc s’en remettre à l’olfactométrie… c’est-à-dire à son nez !

« Une bonne partie de la journée, je suis devant la machine et je sens. » Et Katharina doit travailler son odorat. « J’ai une référence d’apprentissage, Le Champs des odeurs de J-N. Jaubert. Je commence chaque matin par un entraînement du nez sur une dizaine de flacons ». Pour progresser dans sa recherche,

elle a ainsi peu à peu appris à décrire les odeurs. Un travail passionnant de mémorisation. «Pour retenir une odeur, je l’associe à un souvenir personnel auquel ensuite je fais correspondre le nom que lui donne la littérature ».

Une vocation ?

C’est l’odeur que l’on retrouve dès le début dans le parcours de Katharina. « J’ai toujours été attirée par les odeurs. Ma mère et ma grandmère m’ont transmis leur passion des parfums ». La lecture du fameux livre Le Parfum n’a fait que renforcer cet intérêt. « Cette histoire m’a fascinée autant qu’elle m’a effrayée ». Et c’est ainsi que, très tôt, Katharina veut apprendre le métier de parfumeur. Mais, n’étant pas assez « artiste » et avant tout intéressée par la science, elle se dirige après le baccalauréat vers la chimie. Elle se rend alors compte qu’en étudiant l’aspect moléculaire des choses, elle peut faire le lien avec sa passion des odeurs. « Et pour pousser ma démarche jusqu’au bout, j’ai voulu venir en France pour m’approcher de Grasse, capital du parfum ».

Son projet de carrière

Katharina continuera coûte que coûte à étudier les odeurs… Elle envisage un poste dans le développement analytique, spécialisé dans l’olfactométrie, afin de mettre ses connaissances à profit.

Un rêve ?

Le rêve de Katharina a évolué. Si petite elle voulait devenir parfumeur, elle a découvert avec la recherche l’aspect analytique des choses et elle en est tombée amoureuse… « En fait mon rêve, je suis en train de le vivre ». Pour le futur, elle espère aussi beaucoup. « J’aimerais laisser une trace dans la science, contribuer à l’évolution de mon domaine ».

A quoi va te servir la bourse ?

« L’obtention d’une telle bourse me donne beaucoup de possibilités pour la poursuite de mon rêve professionnel… ». La bourse va permettre à Katharina d’avoir une plus grande autonomie pour la fin de sa thèse. Elle lui donne la liberté de choisir un emploi ou de s’engager dans un poste post-doctoral lui permettant de concrétiser ses ambitions scientifiques.

Katharina, d’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ? « Il faut de la passion et de la patience… mais quand on a ça, tout est possible ». Elle-même en commençant ses études n’était pas sûre de pouvoir faire de la recherche. « Je ne me voyais pas travailler dans un labo… et puis, avec la passion pour un sujet, ça devient une évidence ».

Les femmes & la science ?

Si souvent les femmes n’osent pas se lancer en science, c’est d’après elle parce qu’il y a encore des clichés qui influencent la société. Mais c’est une erreur, il n’y a dans la réalité aucune différence. Plus encore, Katharina pense que les femmes sont nécessaires en science. « Les femmes ont un autre point de vue, une autre façon de penser. Et l’équilibre, la complémentarité des sexes sont essentiels à la science comme à tout autre domaine ».

Femmes et scientifiques

Katharina Breme, 26 ans, doctorante en chimie analytique à l’université de Nice-Sophia Antipolis, en collaboration avec Robertet S.A. à Grasse.
Elle est titulaire d’un DEA de chimie (université de Nice-Sophia Antipolis)

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