Cela pourrait être le titre d'un épisode de la série
"Un gars, une fille": sur une petite île déserte d'à peine 1,3km de
long, Soizic et David Cuisnier, mariés depuis deux ans, se sont installés. A
respectivement 25 et 30 ans, le jeune couple vit sur Quéménès (qui s'écrit
Kemenez en breton), à 4km de l'île de Molène. Choisis en 2006 par le
Conservatoire du littoral, ils vivent à l'aide de toute une panoplie de sources
d'énergies renouvelables, construites et financées par quatre partenaires: le
Conservatoire du littoral, EDF, l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la
Maîtrise de l'Energie) et le Conseil régional de Bretagne.
Vivre d'amour et
d'éolien
Drôle de liste de mariage: une éolienne de 2500W, une
toiture bardée avec des capteurs solaires de 6200W et une seconde toiture avec
des panneaux pour le chauffage de l'eau. Et ça marche: sur cet îlot perdu, au
relief toujours soufflé par le vent en continu, l'éolienne ne faiblit pas.
Quant au solaire, les mauvaises langues pourraient critiquer qu'en Bretagne, ce
n'est pas la côte d'Azur... "Le photovoltaïque produit pourtant
l'essentiel de l'énergie sur Quéménès, toutefois tout l'intérêt est justement
dans la complémentarité entre les sources d'énergies distinctes", explique
Yvon Basset, responsable du pôle maîtrise de l'énergie et collectivités à
l'Ademe. "Ce projet ne serait pas viable avec une unique source d'énergie,
poursuit-il. Dans le défi qui nous est imposé par le changement climatique,
Quéménès est une illustration très complète de la synergie entre les
différentes énergies renouvelables. L'objectif est d'en tirer des enseignements
pour des opérations de plus grande envergure".
Agriculture et
chambre d'hôte
Acheté 500.000 euros en 2003 par le Conservatoire à une
famille, ce bout de terre entouré par les eaux bretonnes ne possède que
quelques maisons en briques, pour l'habitat et les activités agricoles. Les
partenaires et entrepreneurs ont ajouté les installations techniques avec
"la volonté de s'inscrire dans le paysage avec humilité",
soulignent-ils. David et Soizic ont signé un bail de neuf ans, charge à eux
d'entretenir les bâtiments et de valoriser l'île, sans obligation de présence.
Dans un premier temps, une exploitation agricole sur un peu plus d'un hectare
afin d'en vivre, "principalement des pommes de terre, de l'ail et des
oignons" détaille David, "c'est le plus adapté à ce milieu".
Bientôt suivront un potager et surtout une mission de chambres d'hôtes,
"ouverte au public à Pâques 2008 si on peut". Chaque mission colle
parfaitement aux deux tourtereaux: lui a suivi des études sur l'aménagement du
littoral, elle sur la valorisation des produits de la mer.
La vie revient sur
l'île
"C'est très important de voir ces jeunes s'installer:
si on réussit dans le temps ces opérations, alors on sauvera le littoral, se
réjouit Bernard Gérard, directeur adjoint du Conservatoire du littoral. Notre
mission est bien la conservation, ce n'est pas la stérilisation, c'est au
contraire la vie". Elle est bien présente sur cette île, même les
hirondelles, qui virevoltent entre les bâtiments au travers d'encoches prévues
à cet effet, ont posé leurs nids contre les poutres des granges, tenant ainsi
compagnie à David, Soizic, et leur éolienne. Souhaitons leur bon vent!






































