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Mis à jour 30-09-2007 08:55

Femme scientifique : Valentina Krachmalnicoff

Doctorante en physique, , elle est l'une des lauréates des bourses L'Oréal France lancées sous l'égide de la Fondation L'Oréal - Commission française Unesco-Académie des sciences.

Femme scientifique : Valentina Krachmalnicoff

Son sujet de recherche

La mécanique quantique explique les phénomènes dans le monde de l’infiniment petit, comme celui des atomes, domaine où la mécanique classique doit être remise en question. La mécanique quantique affirme que les particules se repartissent en deux groupes – les bosons et les fermions – qui obéissent à deux lois statistiques distinctes. Cette théorie de la physique, qui apparaît au début du XXe siècle, a longtemps été une théorie sujette à débat. En 1956, Hanbury Brown et Twiss réalisent une expérience déterminante, qui représente un test de la théorie quantique. Ils montrent que la probabilité de détecter deux photons, émis par une étoile, sur deux détecteurs proches l’un de l’autre est plus grande que de les détecter séparés. C’est cette même expérience que Valentina répète aujourd’hui. Mais au lieu de travailler sur une étoile, elle étudie un nuage d’atomes qui est formé à la fois de bosons et de fermions. A son tour, en mesurant les corrélations entre les atomes, elle teste les lois statistiques qui gouvernent les deux types de particules et prouve qu’ils obéissent à deux lois statistiques distinc - tes : les bosons ont tendance à arriver groupés sur le détecteur tandis que les fermions arrivent séparés.

A quoi ça sert ?

Le travail de Valentina permet d’abord de tester la théorie quantique. Mais à plus long terme, il pourrait aussi permettre de créer des ordinateurs beaucoup plus rapides et efficaces qu’ils ne le sont aujourd’hui.

Moi, Valentina, jeune chercheuse

La journée de Valentina se passe en laboratoire. La prise de données et l’analyse font évidem - ment partie de son travail de recherche. Mais l’essentiel de son temps est consacré à l’optimisation des conditions de l’expérience. « En fait, je passe beaucoup de temps à créer un nuage d’atomes et à améliorer sa réalisation ». Elle travaille ainsi sur les paramètres techniques de son expérience : des lasers – qui lui permettent de refroidir le nuage d’atomes quasiment jusqu’au zéro absolu – et un détecteur sur lequel « tombe » le nuage. Elle en est très fière. « Mon détecteur est unique au monde ! ». Elle dit avoir beau coup de chance de travailler dans son laboratoire qui est à la pointe des technologies. Ça lui apporte beaucoup sur le plan scientifique. Mais c’est aussi une expérience très enrichissante. « On rencontre beaucoup de gens très passionnants, qui ne recherchent pas forcément sur le même sujet, mais ça crée une grande émulation ».

Une vocation ?

« Je suis curieuse de nature et même si je n’avais pas fait de la physique, j’aurais été chercheuse ». La recherche, c’est depuis toujours pour Valentina l’occasion de comprendre, d’analyser, d’apprendre. La physique est venue plus tard. C’est en assistant en dernière année de lycée à une conférence d’astrophysique qu’elle a eu le déclic pour son sujet.

Son projet de carrière

Valentina veut continuer à faire de la physique fondamentale. « J’aime ce que je fais. Je veux rester dans la recherche publique ».

Un rêve ?

« Je crois que je voudrais tout simplement arriver à concilier plus tard la recherche et une vie de famille ».

A quoi va te servir la bourse ?

La bourse va permettre à Valentina d’enrichir ses connaissances dans le domaine de la physique atomique. En participant à des congrès, des colloques, en s’abonnant aux revues scientifiques prestigieuses comme Nature et Science et en enrichissant sa bibliothèque personnelle avec l’achat de livres d’optique, d’optique quantique et de physique atomique, elle restera au coeur de l’actualité sur les développements de la recherche.

D’autres jeunes peuvent-ils faire comme toi ?

Valentina rappelle qu’il faut s’engager dans la recherche en sachant le temps et les efforts que ce travail demande. Mais il ne faut pas hésiter. « C’est une telle satisfaction ! ». La physique étudie comment le monde fonctionne, elle répond aux questions fondamen tales que l’homme se pose depuis toujours. « Si quel - qu’un se demande “pourquoi”, alors il doit faire de la recherche. C’est la réponse ».

Les femmes & la science ?

C’est à la fois une fausse question, parce qu’une femme peut évidemment faire le même travail en science qu’un homme, et un vrai défi. Le métier de physicien est encore aujourd’hui perçu comme un métier d’hommes, et les femmes, qu’elles soient étudiantes, enseignantes ou chercheuses, représentent une minorité souvent discriminée. « Et puis le domaine dans lequel je travaille est assez difficile parce qu’il est très compé titif. Les hommes et les femmes ne sont pas encore sur le même plan en ce qui concerne les responsabilités parentales et allier compétition et vie de famille pour une femme n’est pas toujours évident».

Dossier Femmes et scientifiques

Valentina Krachmalnicoff, 26 ans, est doctorante en physique à l’institut d’Optique de l’université Paris-Sud, Orsay.
Elle est titulaire d’une thèse de « Laurea » de physique en Italie (équivalent d’un DEA, université de Florence, Italie).

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