Son sujet de
recherche
La schizophrénie est une pathologie mentale invalidante pour celui qui en souffre, notamment parce qu’elle affecte la fonction de la mémoire, qui est déterminante pour l’insertion sociale et professionnelle. Marie-Laure cherche à comprendre pourquoi la mémoire est perturbée chez un sujet schizophrène. Elle a ainsi démontré que cette perturbation était en partie sous-tendue chez le schizophrène par un déficit dans le traitement des informations : le sujet schizophrène rencontre des difficultés à transformer rapidement une information sensorielle en une représentation mentale. Il s’agit maintenant pour Marie-Laure de déterminer grâce à l’imagerie cérébrale les bases biologiques de cette perturbation de la mémoire.
A quoi ça sert ?
On diagnostique généralement la schizophrénie en se fondant sur les seuls symp tô - mes cliniques. L’iden tification des bases biologiques de la patho logie donnerait ainsi des clés pour diagnostiquer la ma ladie d’une façon expérimentale. Les travaux de Marie-Laure participent aussi au développement de techniques de « remédiation cognitive », qui permettent d’aider le patient à déployer de nouvelles stratégies dans le traitement de l’information et ainsi d’améliorer sa qualité de vie.
Le sujet de recherche de Marie-Laure l’amène à exercer des activités très différentes les unes des autres. D’abord, parce qu’elle doit évaluer des sujets schizophrènes pour identifier leur trouble, il lui faut faire, auprès de psychiatres, un véritable travail de recrutement. Ensuite, elle soumet ces sujets à des tests psychologiques et expérimentaux, ce qui suppose une autre casquette du scientifique. Elle en endosse une troisième enfin, parce qu’elle utilise une technique très sophistiquée d’imagerie pour obtenir des images en coupes du cerveau. C’est l’imagerie cérébrale qui permet en effet de visualiser quelle zone du cerveau est activée quand le sujet accomplit une tâche. Marie-Laure s’est initiée aux techniques d’imagerie cérébrale lors d’un stage au Japon. Elle a ainsi au cours de ses recherches déjà appris énormément de choses… à commencer par mieux cerner la schizophrénie.
Une vocation ?
Marie-Laure s’est toujours personnellement intéressée à la schizophrénie. Et c’est justement cette curiosité, cette volonté de comprendre l’inexplicable qui l’a poussée à se lancer dans la recherche : « parce que quand on veut comprendre quel que chose, mais qu’on s’aperçoit qu’aucune information disponible ne permet de répondre à nos interrogations,alors il faut chercher soi-même ! ».
Son projet de carrière
Marie-Laure n’est pas encore fixée, mais elle sait qu’elle veut creuser davantage ce sujet et continuer dans la recherche. Pourquoi pas la recherche dans le cadre hospitalier ou universitaire…
Un rêve ?
« J’aimerais beaucoup que ce que je fais, la recherche en sciences cognitives, se développe dans le champ psychiatrique… parce que c’est une voie de recherche pas assez développée, et ça peut vraiment permettre d’améliorer la qualité de vie des patients ! ».
A quoi va servir la bourse ?
La bourse va permettre à Marie-Laure d’acquérir les compétences nécessaires pour le traitement des données d’IRM fonctionnelle (les données d’imagerie cérébrale obtenues de cet appareil très sophistiqué), et ensuite de rédiger sa thèse, le tout dans un climat serein puis qu’elle n’aura plus à s’inquiéter de trouver un financement.
D’autres jeunes peuvent-ils faire comme elle ?
« Bien sûr, tout le monde peut le faire. Il suffit de s’intéresser, d’être passionné, patient et bien encadré ! ».



































