Mis à jour 20-09-2007 09:56
La castration chimique deviendra-t-elle obligatoire ?
Une proposition de loi envisage davantage de fermeté à l’égard des délinquants sexuels

L’Androcur et le Pantestone peuvent être prescrits aux déviants sexuels qui en font la demande.
Photo : simon isabelle/sipa
“La démarche de cette proposition de loi est contraire à toutes les avancées de la psychiatrie.”
Françoise Cotta, avocate
“Je ne laisserai pas ce type de prédateur en liberté.” Le 20 août dernier, Nicolas Sarkozy annonçait une série de mesures renforçant le contrôle et le suivi des délinquants sexuels, à la suite de l’enlèvement du petit Enis par un pédophile récidiviste. Une proposition de loi relative à la castration chimique devrait bientôt être proposée au Parlement.
Législation renforcée
Le texte, présenté par le député UMP de Paris Bernard Debré, vient renforcer une batterie de mesures existantes. Il prône une consultation de trois médecins par le juge d’instruction, dont un psychiatre et deux médecins spécialistes, avant que le prévenu reçoive son traitement médical. “La sensation qui prédomine est que ce texte n’amène rien de nouveau, explique Laurent Bedouet, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats (USM). Pourquoi rendre complexe ce qui existe déjà ?”
Quelle efficacité ?
Le texte propose néanmoins une nouveauté : le consentement du condamné ne serait plus nécessaire pour l’application du traitement. “Ordonner un traitement chimique sans le consentement de l’intéressé est voué à l’échec”, juge Françoise Cotta, avocate au barreau de Paris. “Toute la valeur de la prise volontaire du traitement sous-entend qu’il y a déjà compréhension du problème. La démarche de cette proposition de loi est contraire à toutes les avancées de la psychiatrie.”
"C’était le moment de proposer une loi dans ce sens"






