J’ai grandi dans le Sud-Ouest, où le rugby fait partie du décor. Mon grand-père paternel était fou de ce jeu. Pendant les matches du Tournoi des Cinq Nations, il réunissait ses 30 petits-enfants chez lui pour former avec eux une mêlée géante.

Cette époque reste un de mes plus beaux souvenirs. Casque d’or – le surnom de Jean-Pierre Rives – était alors mon idole. Je me revois regarder ses matches au Parc des Princes. J’ai lâché un peu quand je suis partie m’installer en Suisse. En revenant à Paris, le virus m’a reprise. C’est la faute de mon mari. Il est d’origine anglaise.

Vous imaginez l’ambiance quand le XV de la Rose affronte les Bleus : moi encourageant la France et lui chantant God save the Queen à tue-tête avec la main sur le cœur. J’ai beaucoup de tendresse pour Ibanez. C’est un guerrier sur un terrain, et pourtant on sent chez lui  une vraie douceur. Cette bonté, il l’a aussi avec ses coéquipiers, ça se voit. Il me rappelle Rives.