“C’est une catastrophe d’ampleur comparable à celle de l’amiante”, s’alarme Cyrille Deshayes, responsable du programme eau douce pour le WWF, lorsqu’il évoque la pollution dont sont victimes les poissons du Rhône.
Contaminés aux PCB (les polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de pyralènes), ils sont depuis début août interdits à la commercialisation et à la consommation. Ce nouvel arrêté préfectoral touche les départements du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône. Dès 2006, la consommation de poisson avait été interdite d’abord dans le Rhône, puis dans l’Ain, l’Isère et la Drôme.
Selon l’Agence française pour la sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), les PCB présentent des risques pour la santé en cas d’ingestion “régulière et sur une longue période”. Ils peuvent notamment entraîner des problèmes de fertilité, de croissance ou des cancers.
Les PCB s’accumulent non seulement dans la graisse des poissons mais aussi dans les sédiments.
“Tchernobyl à la française”
Or, avec les crues de la région du delta du Rhône, les sédiments pollués arrivent jusqu’en Méditerranée. La contamination des espèces marines méditerranéennes pourrait également s’effectuer via les poissons qui arrivent en fin de chaîne alimentaire.
Pour le WWF, la pollution du Rhône est “un cas d’école” de l’inaction de l’Etat : des traces de PCB auraient été détectées dans les poissons dès 1985 et une étude de l’Inra datée de 1990 mentionne déjà cette pollution.
En attendant les résultats des analyses réalisées par l’Afssa dans la région, et qui devrait être rendue publique avant la fin de l’année, le WWF demande “l’ouverture complète du dossier” de ce qu’il appelle “un Tchernobyl à la française”.




































