A la fois président  de l’Association des Régions de France et de la Région Aquitaine, l’élu socialiste Alain Rousset enfilera son tout nouveau costume de député de la Gironde pour aller à Paris demain et mercredi.

La rentrée parlementaire aura lieu le 18 septembre. Cela laisse un peu de répit à l’élu local que vous êtes...
Je suis beaucoup sur le terrain pour les lycées, les universités, le logement étudiant et les entreprises, comme au redémarrage de la fonderie de Fumel, dans le Lot-et-Garonne, il y a dix jours. Nous tenons aussi souvent des réunions sur le futur budget, qui tournera autour de deux axes : l’éducation et l’emploi. Régulièrement, le mardi et le mercredi, je vais monter à Paris. Il n’y arien d’incompatible.

Comment abordez-vous votre première rentrée parlementaire ?
Je fais partie de la commission défense. Et à l’intérieur du groupe socialiste, je travaille sur les institutions. La vraie réforme, ce n’est pas se regarder le nombril à Paris, c’est de décentraliser ce pays. J’ai aussi à coeur de faire avancer le dossier de la taxe professionnelle, selon moi l’impôt le plus imbécile et un facteur de délocalisation. Je suis pour sa suppression. Je voudrais la voir remplacé par un impôt sur les sociétés plus justes.

Quels sont vos objectifs en tant que député de l’opposition ?
Le financement de l’entreprise est un vrai problème. Le lobby de l’immobilier casse la dynamique d’entreprise dans ce pays, parce qu’il y a tellement d’incitations fiscales à construire que le prix du foncier et de l’immobilier explose et toutes les liquidités françaises sont absorbées parle foncier. Or, cet argent pourrait aller à l’entreprise, à la recherche. Plus de la moitié du CAC 40 appartient à des fonds de pension anglo-saxons.

Notre créativité est cannibalisée par ces structures. Nous en avons en France, ça s’appelle une assurance vie. Tout ce qu’évoque Sarkozy, ça ne fait rien bouger, on s’amuse ! La vraie réforme elle est là : il faut solvabiliser les Français sur le plan du logement. Cela suppose d’arrêter d’accompagner les plus fortunés pour construire des logements et de les inciter à accompagner l’entreprise. Je vise les mesures de ce type incluses dans la loi Borloo et la loi de Robien, pas la maison à 100 000 euros ou le crédit d’impôt sur les intérêts du prêt immobilier.

Iriez-vous travailler pour une ³commission Sarkozy², comme l’on fait certains de vos amis, notamment Michel Rocard ?
  Moi, je ne critique pas Michel Rocard dans sa démarche, même si j’aurais peut-être fait un autre choix, mais arrêtons les guerres de tranchées : les commissions parlementaires sont mixtes ... et heureusement !