Ca pouvait pas plus mal commencer: une défaite et l'effet Mondial est prêt à s'envoler. Les spécialistes avaient prévenu: c'était le match à ne pas perdre. Le public français est versatile, et quand les choses ne tournent pas comme il le veut, il peut se montrer cruel.
De quasi-favoris, rang il est vrai quelque peu usurpé quand on a vu jouer Kiwis, Sud-afs et autres Aussies ces derniers mois, les voila qui retombent plus bas que terre. "On a perdu face à des danseurs de tangos", pouvait-on entendre à la sortie du Stade de France.
"Match d'ouverture ou pas, pression ou non, les grandes équipes savent faire à leurs responsabilités. Et nous étions loin du compte", avoue, un brin défaitiste, le capitaine des Bleus Raphaël Ibanez.
C'est donc bien cette fameuse pression qui aura eu raison de nos gaillards sur la pelouse face aux Argentins. L'enjeu, l'attente du public... un "mal français", comme on dit dans les journaux sportifs.
Laporte a beau marteler que lui et ses joueurs y coient encore toujours autant, on ne voit pas bien comment ils pourraient gérer cette pression qui va monter encore un peu plus au fil des jours. Peut être pas dimanche face à la Namibie, mais au moins pour le match couperet face aux redoutables Irlandais.
Sans oublier qu'une qualification en deuxième position dans la poule D signifiera pour nos rugbymen un quart de finale face aux grands méchants All Blacks. Et à Cardiff, s'il vous plait. Remarquez, comme ça ils n'auront pas trop de pression: ils seront loin d'être favoris et n'auront pas de public à craindre.
Mais là, ce sont les organisateurs qui commencent à trembler. La contagion peut aller très vite. Le rugby n'est pas le foot, l'engouement n'est pas encore le même, et seules de bonnes performances du XV tricolore avaient une chance de soulever l'enthousiasme populaire pour cette compétition.
Dans les bars de la capitale, hier soir, la troisième mi-temps était bien tristounette. Quelques Eugène Saccomano de comptoir refaisaient le match avec véhémence. "Les arrières étaient à pleurer. Ils mettaient pas un pied devant l'autre..."
Seuls quelques Argentins extatiques chantaient leur bonheur.


































