Alors que l’application de la nouvelle loi sur les “peines plancher” suscite des tensions croissantes entre les magistrats et la garde des Sceaux, l’intransigeant procureur de Nice défend sa “liberté de parole”.
Le vice-procureur de Nancy a été convoqué au ministère de la Justice à la suite de ses critiques sur les “peines plancher” pour les délinquants récidivistes. Comprenez-vous sa prise de position ?
Mais que dit la loi ? Qu’un magistrat peut déroger aux peines plancher, à la condition de motiver sa décision…
Partagez-vous la vision de Rachida Dati, pour qui un parquetier est sous l’autorité du garde des Sceaux et n’a pas à commenter la loi ?
L’adage dit “La plume est serve, la parole est libre”. Si l’on devait priver les magistrats du parquet de la liberté de parole, je quitterais mon poste. Sans elle, nous ne serions plus que des fonctionnaires. Les gouvernants peuvent dire ce qu’ils veulent, mais le statut du ministère public est expressément en faveur de la liberté de parole. Le procureur n’est pas le porte-parole du pouvoir, il porte la parole de la loi.
La réaction du ministère de la Justice vous surprend-elle ?
C’est une vieille tentation – de tous les pouvoirs – de mettre le ministère public à sa botte. Les élus ont du mal à comprendre que la justice puisse leur échapper. Je crois qu’en fait le vice-procureur de Nancy n’a fait rien d’autre que d’user du “devoir de déplaire”.



































