Mis à jour 29-08-2007 11:34
Cette Palme que l’on n’attendait pas
Tout ce qu’il faut savoir sur 4 mois, 3 semaines et 2 jours

Anamaria Marinca (en tee-shirt bleu), la révélation du film, que l’on verra bientôt dans le prochain Coppola, Youth without youth.
Photo : © bac films
Titre : 4 mois, 3 semaines et 2 jours
Réalisateur : Cristian Mungiu
Editeur : Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov
En compétition en mai dernier à Cannes, l’inconnu Cristian Mungiu a fait sensation en décrochant la récompense suprême pour ce 4 mois, 3 semaines et 2 jours, récit d’un avortement clandestin dans la Roumanie des années 80. Mérité ?
• L’histoire
Gabita (Laura Vasiliu) et Ottila (Anamaria Marinca) partagent une chambre dans une petite ville universitaire. Lorsque la première tombe enceinte, la seconde part à la rencontre de “Monsieur Bébé”, un médecin qui accepte de pratiquer un avortement en échange d’une grosse somme d’argent. Rien ne va se dérouler comme prévu…
• Le réalisateur
Avec Cristi Puiu et Catalin Mitulescu, Cristian Mungiu, 39 ans, est l’un des représentants de la nouvelle génération du cinéma roumain. Peu de moyens mais beaucoup de détermination, une forte conscience sociale et pas mal d’humour noir…
• La polémique
En plus de la Palme d’or, 4 mois 3 semaines et 2 jours a reçu le prix de l’Education nationale et doit donc être diffusé dans les collèges et les lycées. Devant la violence de certaines images,
le ministre Xavier Darcos avait suspendu la distribution du DVD aux professeurs avant de se raviser lorsque le film a été classé tous publics, assorti d’un avertissement pour spectateurs sensibles.
• Notre verdict
4 mois, 3 semaines et 2 jours est un film violent, du moins psychologiquement, et ne livre aucun discours tout fait sur l’avortement, préférant montrer la réalité crue de la Roumanie il y a vingt ans seulement. Technique-ment, Mungiu abuse parfois du plan séquence, mais sa mise en scène diffuse un malaise intense, pas loin du meilleur cinéma fantastique. Une vraie découverte.






