Peut-on parler d’une “starification” des politiques ?
Oui, c’est une dérive naturelle, et ce n’est pas la première
fois. Le grand virage fut l’affaire Cécilia Sarkozy à l’été 2004. Cependant, on
peut considérer que la première en la matière fut la révélation de l’existence
de Mazarine Pingeot. A partir de là, la presse people française, suivant le
modèle de nos voisins anglo-saxons, s’est engouffrée dans la brèche. D’autant
plus qu’elle s’est aperçue que les politiques faisaient vendre. Les barrières
se sont ensuite définitivement levées.
Mais où sont passées les stars d’antan ?
Il y a près de quinze ans, la presse people s’est aperçue
qu’il n’y avait plus réellement de stars aujourd’hui. Il existe une réelle
paupérisation du star-système : nous n’avons plus de grandes stars de cinéma ou
du show biz. Les seules stars sont américaines. Les politiques sont venus
supplanter ce que la télévision ou le star-système ne donne plus.
Pourtant, les hommes politiques aiment se servir des médias
?
Tout à fait. Dans bien des cas, les politiques se servent de
la presse people. Combien de fois a-t-on vu des hommes et des femmes politiques
de tout premier plan négocier financièrement des reportages dans les magazines
people, pour y étaler les photos de famille. Ces mêmes personnes s’étonnent
aujourd’hui que les gens s’intéressent à leur vie privée. C’est une immense
hypocrisie.
François Hollande déclarait hier qu’il ne fallait pas
“s’immiscer” dans la vie privée des personnes publiques. Qu’en pensez-vous ?
En matière de politique, il n’y a pas de limite. Je plaide
pour une transparence totale. Compte tenu de la modernisation des technologies
de communication, un homme public aujourd’hui doit accepter d’être exposé.
C’est une réalité que les Anglo-Saxons ont comprise, il y a près de vingt-cinq
ans, il serait temps que nos dirigeants ouvrent les yeux.



































